
Plus j'y repense et plus je me dis que la vraie coupable c'est miss Bianchi.
C'était ma prof d'anglais de 3ème, au lycée JB Corot, à Savigny-sur-Orge, une usine à formater les enfants de la banlieue parisienne. Elle était plus que gironde, miss Bianchi. Le bruit courait que, pour arrondir ses fins de mois, elle poussait la chansonnette dans les cabarets de la capitale. D'ailleurs, les jours où elle était de bonne humeur, elle nous faisait chanter "The House of the Rising Sun" (The Animals). Ajoutons aux charmes de miss Bianchi l'hypnose collective qu'exerçaient sur nos jeunes oreilles décollées les précurseurs de la pop anglaise en général et, en ce qui me concernait, d'abord et avant tout The Kinks, et vous captez sans problème pourquoi mes parents n'avaient aucune chance de voir leur blaireauton faire un jour la fierté du terrier....
(à suivre)
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