Les aventures de Moïse

 

20. Moïse pète sa crise (quatrième partie)

 

Je ne me sens pas plus grec qu’un autre mais les résidus de vagues traces d’instinct de survie qui me remontent parfois comme un rot de bébé, me communiquent, en ces heures incertaines, le sentiment désagréable d’avoir été roulé dans la féta.

C’était il y a environ 2400 ans et ça faisait déjà un bail qu’à la vue de mes armes de plus en plus sophistiquées les bêtes sauvages filaient se cacher au fond des bois. L’âge venant, poussé par un certain besoin de confort matériel, j’avais laissé tomber le camping pour me sédentariser dans un petit coin sympa. J’avais même fini par m’entendre avec mes voisins, au point de tenter quelque chose avec eux.

On appelait ça la «cité».

Comme le simple fait de nous regrouper ne nous empêchait pas d’avoir besoin de nous nourrir, de nous vêtir, de nous soigner, de protéger nos vieux jours, on avait mis au point une économie (*) assez pointue. Je peux vous dire que, il y a 2400 ans on ne doutait de rien ! Le plus cinglé c’était que ça avait l’air de fonctionner, notre machin.

En plus de vouloir optimiser les échanges de produits nécessaires à la vie des citoyens au moyen d’une monnaie de pure convention et appelée à demeurer telle, on avait décidé de plancher deux secondes sur une politique à adopter. On était vite tombé d’accord avec Aristote qui venait d’ouvrir une école de philosophie pas loin. Pour lui la cité se devait de répondre à l’exigence de justice permettant au citoyen d’atteindre son «humanité». Du coup, si les techniques liées au bien-être physique des citoyens (maths , médecine, plomberie-chauffagisme…) n’étaient pas négligées pour autant, l’éducation aristotélicienne visait surtout à enseigner à sa jeunesse la science d’occuper sa tête au mieux de ses capacités, pendant les temps de loisirs qu’une économie maîtrisée ne manquerait pas d’allonger au fil des siècles.

Pour Dieu, tout ça, et en faisant bien gaffe à ne pas s’énerver, on pouvait toujours lâcher une vanne ou deux  à l’apéro mais c’était pas essentiel. Après un ou deux pastis, on préférait causer Logique ou Philosophie en tapant dans la boule. Darwinement parlant, mis à part le douloureux problème de l’esclavage, m’est avis qu’on n’était pas loin de réunir le top des conditions de survie de l’espèce homo sapiens-sapiens de l’époque.

Oui et non, vous me direz, puisqu’on s’est quand même fait piler. Tout à notre souci évolutif, à notre désir d’humanité, on avait simplement oublié que les Romains, culture encore coincée à l’étage baston i tutti quanti et d’autant plus qualifiée dans ce domaine, s’étaient mis en tête de faire construire chez nous en grand nombre, renvoyant aux calendes nos plans de civilisation haut-de-gamme.

Et c’est rien en comparaison des Chrétiens quand ils se sont mis à débouler à leur tour, les siècles suivants, introduisant pêle-mêle dans nos officines le suppositoire du monothéisme libéral triomphant, le sirop du «sauve-qui-peut et chacun-pour-soi !» de l’après péché originel, les gélules du «dans le doute, autant faire un max de thune avant le retour du Sauveur» (de l’anglais to save = économiser).

Total : dès le premier siècle, de Corinthe à Athènes, l’apôtre Paul remplissait des gymnases entiers. A la grande satisfaction de la SARL Abraham & Fils, en plein lancement de son nouveau label,  la Grèce s’en trouva christianisée en un temps record. Aristote ne pouvait pas lutter contre l’Eternel. Je le revois, petit vieillard fané, refermant, désabusé, les portes de sa bibliothèque. La chrématistique aurait bientôt entièrement vampirisé l’économie. L’humanité pouvait attendre et les banquiers se mettre au boulot.

Roulé dans la féta.

 

 

(*) du grec ancien oikonomía : « administration d’un foyer », créé à partir d’oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume »

 

(à suivre: Moïse pète sa crise (5ème partie))

 

 

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19.  Moïse pète sa crise (3ème partie))

 

 

«…on voyait de l’or fondu s’écouler de sa bouche entrouverte.»

Ovide, Métamorphoses 11, 100-130

 

Il est tout de même étonnant de constater que l’équipe de bipèdes la plus sollicitée par l’actualité de ces derniers mois en vue de soustraire Talbin aux lois de la pesanteur, la «race» (si vous me croyez pas demandez à Henri Graetz !) (1) la plus désormais vilipendée pour sa malhonnêteté – on leur prête des sous et ils veulent pas rembourser, ces espèces de sodomites ! –  les «pouilleux» du jour, c’est qui ? Je vous le prête en mille à 5,4 %,….ce sont les… LES DESCENDANTS D’…ARISTOTE !!!

-          Bon et alors ?» Me répondez-vous, incultes.

-          Aristote !!! L’auteur-compositeur interprète du concept de chrématistique (de khréma, la richesse, la possession) : l’art de s’enrichir, d’acquérir des richesses…Il disait que c’était «une activité contre nature et qui déshumanise ceux qui s’y livrent»…

-          Il avait pas lu le Pentatruc alors ?

-          Le Pentateuque ? Ben non vu qu’il était à peine fini d’imprimer… Non les amis, Aristote c’était plutôt genre les Six Clopes de la mère Cure, Œdipe Purple et les slips Athéna contre l’Olympiakos du Pirée… une chose est certaine et, là-dessus on peut faire confiance à Henri : il n’était pas juif.

Que nenni! Pour Aristote, et pour Platon et quelques autres «étrangers» qui n’avaient pas encore reçu le catalogue Abraham & Fils, il n’était pas question de confondre le moyen et la fin. Reconnaissons que, si on avait écouté ces utopistes avant l’heure, Talbin n’aurait pas aujourd’hui à encourir les affres de l’obésité ni du diabète ni du cholestérol. Il ferait son boulot d’âne. Bien gentiment. Il irait où on irait et pas le contraire. Et surtout il ne nous obligerait pas à le porter.

A en croire les ancêtres de nos actuels losers en charentaises à pompons, pour qu’une économie tourne bien il est justifié d’établir une échelle de mesure – en l’occurrence l’argent  - rendant possible «l’échange des valeurs d’usage en vue de satisfaire la vie».

A l’inverse, l’accumulation de ce simple médium transactionnel – «bagatelle et pure convention légale, sans fondement dans la nature, puisqu’un changement de convention parmi ceux qui s’en servent lui ôte toute valeur»(2) – ne doit en aucun cas devenir un objectif.

.…Sous peine d’Apocalypse selon St Nicolas («protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles») (c’est lui qui recolle les bambins que le vilain ogre il a découpés et mis au saloir, dans une comptine de mon enfance dont le titre m’échappe).

Aristote nous explique que l’argent n’est pas une marchandise comme les autres. Ni une marchandise tout court. C’est aller contre la nature même de l’argent que chercher à en vendre ou en acheter. En cela, la culture qu’il propose est en rupture totale avec la pensée abrahamique.

Pour mémoire (3) :

Deutéronome 15.6  «L ’Éternel, ton Dieu, te bénira comme il te l’a dit, tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point ; tu domineras sur beaucoup de nations, et elles ne domineront point sur toi.»

Et gardons à l’esprit que, dans les statuts de la SARL Abraham & Fils, «prêter», c’est, de facto, «prêter à intérêt» :

Deutéronome 23.20  «Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger, mais tu n’en tireras point de ton frère.»

 

Pour faire bref et imagé, abrahamistiquement parlant, «prêter» (sous quelque forme que ce soit) c’est vendre de l’argent au quart, au double, au triple – chef arrêtez tout ! on rentre dans l’ «usure» ! – de son «prix».

Et hop ! Vas-y que, partant de là, je te «domine» à l’aise et largement ! Vu que même s’il y a un chouïa de manque à gagner sur le dos des frangins (0,2%), côté «étranger» ça fait du monde quand même à «tirer un intérêt» de !

Cela dit, de nos jours modernes, y en a des, chez les neveux (33,6%) qui ont fini par piger le truc et qui ma foi, ne se débrouillent pas trop mal,… Pareil le long de la branche «demi-frères» (20,28 %) qui vient de se mettre au business et que, après un temps d’adaptation et beaucoup de pétrole, ça commence à ressembler à quelque chose, côté «fonds de pension» et autres.

Le plus marrant c’est que les tout-derniers convertis, sinon à l’Eternel lui-même et personnellement, au moins à son expérience en matière de domination, sont, eux, des «étrangers» pur souche !

…Des tout-derniers convertis qui, à peine débarqués dans le vif de la préhistoire en temps réel, se mettent à prêter/dominer à qui mieux mieux ! A NOUS prêter/dominer !

Des communistes en plus !!!

La honte.

 

 

 

(1) «La race latine n’a produit et donné au monde qu’une police bien organisée et une bonne tactique. Seuls, les Grecs et les Hébreux ont fondé la véritable civilisation.» Nous laissons l’entière responsabilité de son dire à : Henri Graetz, Histoire des Juifs (Introduction)

(2) Aristote, les Economiques

 (3) voir chap1  Moïse et la dette souveraine.

 

 

( à suivre : Moïse pète sa crise (4ème partie))

 

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18. Moïse pète sa crise (deuxième partie)

 

« Beaucoup d’entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l’innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur »

Henri Laborit

 

 

Extrait du discours du boss en vue de la construction d’une charrette pour transporter son âne :

 

«Bipèdes, bipèdes !

 

Contrairement à les ignares du neurone qu’ils ont pas compris que, faute d’être remboursés au triple de ce qu’ils ont eu l’altruisme quasi suicidaire de prêter, les riches risquaient de s’appauvrir alors que les pauvres resteraient pareils, ce qui, démocratiquement parlant, constitue une anti constitutionalité  somme toute préjudiciable en termes de croissance briochée qu’elle serait regrettable puisque relevant d’un concept à investiguer au plus vite mais sans précipitation malsaine pourquoi parce que et je vais vous le dire j’ai pris l’indécision inaliénable et sacrée de sauver la galaxie de tous les infidèles qu’ils croient même pas que Dieu est un vendeur de bananes… »

 

Aparté :

Tout le monde n’a pas le «talent» (1) des metteurs en scène de Jésus et, au cas où, conséquence d’une pensée brouillonne alliée à une expression désespérément lourdaude, ma parabole de l’ «âne enfumeur» courrait le risque de ne point atteindre son but, le voici une fois encore exposé en toutes lettres, ce but : mettre et remettre sans cesse en cause le principe abrahamique de la domination des uns sur les autres en général et par le biais de l’argent en particulier.

Talbin, comme son nom l’indique, représente l’accumulation de richesses par définition fictives, résultat navrant de pratiques commerciales pseudo-sacrées, d’héritages claniques crainteux bénis par des escrocs passés maîtres dans la pratique du chantage au paradis-perdu-retrouvable-sous-condition, cette condition étant justement la croyance, à genoux ou cul par-dessus tête, en la nécessité de rouler son voisin dans la farine avant qu’il vous transforme en escalope milanaise le premier.

Les instances moïseuses (rabbins, papes, imams), à l’instar de tous les chefs d’entreprise  de mise en danger de celui qui ne sait pas par celui qui prétend savoir sans avoir à le prouver, c’est-à-dire tous les consortiums pourvoyeurs de superstitions rétrogrades reposant sur rien d’autre que notre peur de mourir, soit, en gros toutes les «religions», n’ont aucune envie d’orienter en douceur nos «systèmes associatifs» (Laborit est un grand de chez grand, lisez-le, chantez-le, apprenez-le par cœur !) vers l’abandon salvateur d’un comportement «bestial» qui, une fois l’homo sapiens-sapiens enfin extirpé de sa caverne glaciale cernée par les prédateurs, n’a plus lieu d’être.

Au contraire ! Pour nous faire ingurgiter jusqu’à la lie notre soupe archétypale mortifère quotidienne, les instances moïseuses s’appuient sur toutes les paranos possibles et imaginables enfouies dans les circonvolutions mollassonnes de notre bon vieux cerveau reptilien :

«Chez l’homme, ce cerveau serait principalement responsable de certains comportements primaires comme la haine, la peur, l’hostilité à l’égard de celui qui n’appartient pas au même groupe d’appartenance que soi, l’instinct de survie, la territorialité, le respect de la hiérarchie sociale, le besoin de vivre en groupe, la confiance dans un leader, etc.» (2)

…Et hop ! En moins de siècles qu’il en faut pour le dire, cela donne le spectacle consternant et ô combien actuel d’une pré-humanité lobotomisée à souhait, au point de se laisser persuader qu’elle n’est rien sans un âne confit dans son gras, désormais incapable d’avancer par ses propres moyens vers un futur qu’il a depuis toujours choisi de laisser derrière lui.

 

 

(1) voir ici  Moïse lave plus blanc (quatrième partie)

(2) source Wikipédia

 

(à suivre : Moïse pète sa crise (3ème partie))

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17. Moïse pète sa crise (première partie)

 

«Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change.»

Henri Laborit  Mon oncle d’Amérique

 

 

 

Il marchait d’un bon pas. Assez lent pour que ses yeux puissent profiter du magnifique paysage sans cesse renouvelé, assez rapide pour qu’il n’ait pas le temps de s’en lasser.

 

Un jour, au détour d’une chênaie, il rencontra un âne. Un âne très rusé qui l’embrouilla en ces termes :

-          Ô fier bipède, tu m’as fait peur ! C’est que je ne m’attendais pas à te voir passer par ici. A moins que tu aies délibérément choisi de rallonger ta course ! Il est vrai que le paysage est magnifique de ce côté de la forêt…

-          Pardon, noble baudet», rétorqua le marcheur, «… qu’entends-tu par «rallonger ma course» ? Aurais-tu donc une idée de l’endroit où je me rends ?

-          Tu m’étonnes ! Je sais également que tu y serais bien plus tôt si tu montais sur mon dos ! Voici ce que je propose : je te conduis sain et sauf là où tu dois aller et, en échange, tu me ramasses ma ration de chardons quotidienne ? J’ai du mal à me pencher avec ma sciatique…

-          C’est tout ?

-          C’est tout.

 

Au début l’ex-marcheur ne vit que des avantages à sa nouvelle situation. Il se trouvait fière allure, perché sur sa monture, se trouvait beau garçon, juché sur son ânon. Il n’avait de cesse d’en persuader les Autres. Il appelait ainsi la bande de bipèdes hirsutes qui avançaient bêtement, dans le même sens que lui pour la plupart, sans savoir vers quoi, comme lui avant sa rencontre avec Talbin. A propos il était près de midi et il n’avait toujours pas ramassé le moindre chardon pour son malheureux «guide».

Depuis quelques temps l’âne désirait qu’on le nomme ainsi. De fait, les années avaient passé et sa sciatique avait tout sauf guéri. Au point qu’un soir au bivouac, il avait berné son passager de la manière qui suit :

 

-          Euh, dis-donc fier bipède…En attendant que se présente enfin un éconopathe à la hauteur, je me demandais si…Ce serait temporaire tu vois ?

-          Je vois, fidèle Talbin. Je devine ce qu’il t’en coûte de me faire ainsi part de ton impuissance, toute momentanée, j’en suis moi aussi convaincu, face à pareille adversité. Ne serait-ce que eu égard à tout ce que tu m’apportes spirituellement je ne serai point celui qui, par un égoïsme coupable, osera continuer à ajouter le fardeau de son insignifiante personne à …

-          Cool ! Et, je veux dire…euh, pour mes chardons, on change rien surtout !

 

 

De ce jour on avait vu l’âne et l’ex ex-marcheur cheminer de concert. Les Autres, constatant que leur boss, autoproclamé après toute son intox de vendeur de savonnettes tellement rasoir qu’on finissait par lui dire oui rien que pour être peinard, une fois redescendu de son âne ne pouvait plus leur chier dessus à moins de sauter sans arrêt comme un marsupial, commençaient à se livrer à des associations d’idées impliquant des rapports de causalité post cavernicoles desquels il pourrait ressortir, en quelque sorte et selon les gazettes que «c’est celui qui monte l’âne qui est le boss mais que si il marche derrière, souvent à quatre pattes pour ramasser les chardons et prendre un coup de queue en se relevant, c’est quand même le boss.»

« …Sinon ça dégoûterait tout le monde de vouloir être le boss et la civilisation courirait à sa perte. En tout état de cause et belle après-midi à vous…»

 

-          Hé ! Fier bipède ! Tu peux baisser un peu la radio ? Je ne m’entends plus ruminer.

-          Mon pauvre Talbin ! Excuse-moi ! C’est qu’avec les cris que je pousse en me piquant à ces salop.. …délicieux chardons dont tu aimes à te sustenter si chichement, je n’arrive pas bien à entendre Jean-Pierre Gaillard à la Bourse de Paris.

 

Si Talbin ne s’entendait pas ruminer, il ne se voyait pas grossir non plus. En déficit d’exercice physique puisque son nouveau statut de guide ne le contraignait plus au transport de passager, il aurait dû se peser plus souvent. Précaution salutaire qui lui aurait épargné le constat brutal auquel il fallut bien qu’il se résolve un beau matin : son obésité avait fini par franchir les limites du supportable pour ses jarrets sous-entraînés.

Ce que voyant,  le boss réunit en toute hâte  les éconofumistes les plus pointus des temps modernes qui, après une brève auscultation du malheureux Talbin, déclarèrent qu’en attendant que ce dernier trouve en lui la force héroïque de commencer à envisager l’éventualité d’une réduction hyper progressive de sa consommation de chardons, il était urgemment indispensable de se mettre à la construction d’une charrette à bord de laquelle le guide puisse être hissé afin de continuer à conduire la civilisation vers un salut dont lui seul connaissait les coordonnées.

 

 

(à suivre : Moïse pète sa crise (deuxième partie).

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16. Moïse lave plus blanc (suite et fin)

 

 

Si, encourant la réprobation sinon la colère des uns et les moqueries des autres, je me suis risqué à établir un parallèle entre deux firmes n’ayant, en apparence, aucun lien entre elles, ce n’est évidemment pas pour le plaisir de «faire le malin».

Sans entrer dans les finasseries de nos économistes distingués, le terme de monopole traduit grosso modo la position plus ou moins exclusive en termes de parts de marché que détient une entreprise donnée en regard d’un produit quelconque. J’ai la faiblesse de penser avoir fourni ici quelques éléments de début de preuve tendant à nous permettre de commencer à entrevoir la possibilité de ranger la SARL Abraham & Fils dans cette catégorie.

Le tableau ci-dessous(1) ne semble pas devoir me contredire, qui nous montre que, titulaire de, dans l’ordre d’apparition de ses avatars sur la scène religieuse, 0,23 (Juifs) + 33,06 (Chrétiens) + 20,28 (Musulmans) = 53,57% des inscrits sur les listes, c’est-à-dire environ 60% des suffrages exprimés de la pré humanité en quête de divin, l’entreprise monothéiste libérale est plus que jamais une valeur sûre. Pour ses actionnaires directs (= «clergés» divers et variés) percepteurs des dîmes, dons et offrandes, ces « impôts volontaires » qui financent le quotidien des religieux et leurs investissements parfois somptueux(2) autant que pour la perpétuation, contre vents et marées, de l’Âge de l’Argent qui, je crois l’avoir démontré au long de ces pages, puise en elle toute sa capacité de nuisance, concernant l’évolution de l’espèce une et indivisible connue sous l’appellation «homo sapiens-sapiens».

«- Mais pourquoi», demanderont ceux qui ne dorment pas encore, «…pourquoi, parmi les innombrables monopoles à courir les «marchés» de notre malheureuse planète», en Gaule on ne dit plus «bourses», vous avez remarqué ? « … pourquoi avoir choisi celui de la lessive ?»

Eh bien, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, depuis plus d’un mois que je galère sur cet interminable chapitre, je ne m’étais même pas posé la question !

Je pensais que ça m’était venu comme ça. D’aucuns diraient «naturellement». D’autres, ayant, par mégarde, plongé leur museau indiscret dans les divagations pseudo scientifiques d’un certain Carl Gustav Jung (voir quelques pages plus haut), s’efforceraient de prononcer un mot barbare qui, au jour d’aujourd’hui, a fait son chemin dans les traités de psychologie analytique (rires redoublés).

Du grec ancien αρχέτυπον, arkhêtupon, signifiant « modèle primitif », entré dans les langues modernes par l’intermédiaire du latin « archetypum », soit « grandes images », un archétype est une forme a priori de toute expérience humaine, inscrite dans la structure du cerveau et conditionnant tout schéma de pensée ou de représentation (3). L’archétype est pour la psychologie jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines, en lien avec un autre concept jungien, celui d’inconscient collectif (4).

Comment ça, «inconscient collectif » ??? Que viennent faire les communistes là-dedans ? Sache, mon vieux Carl Gustav, que j’ai une muse perso qui me guide «personnellement et en personne» (je ne me lasse pas de cette vanne) à travers les cieux de la pure création créatrice ! Alors ne viens surtout pas me raconter que le fait, prouvé scientifiquement, à la télé, par un vrai savant dans sa blouse de savant, qu’Ariel redonne à mon linge l’éclat du neuf, ait quoi que ce soit à voir avec… euh… qu’est-ce qu’il dit déjà le gars Jean dans son évangile selon cézigues ?

Evangile de Jean :

1.29 : «Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde

Quel «péché du monde» ? Ah oui, ça commence avec l’embrouille entre Adam et son Eternel rapport à l’arbre de la connaissance du bien et du mal…La fameuse faute originelle qui, de cahiers de charges en livres de comptes, poursuit les préhistoriques post cavernicoles petits et grands, jeunes ou vieux, depuis la nuit des temps bibliques :

Torah, Genèse, 3 :

23 «Et l’Éternel Dieu le chassa du jardin d’Éden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris.»

Nouveau Testament, Romains 5

14 : «Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam… »

Coran, Sourate 20 : Ta-Ha

121. « …Adam désobéit ainsi à son Seigneur et il s’égara.»

 

Un genre de «tache» quoi… Une tache génétique dont on ne parviendrait pas à se débarrasser de notre vivant mais qui, à force de repentir sincère et de prières assidues, finirait par disparaître aux siècles des siècles lors de la Grande Lessive Finale…

Partant, toi, Carl Gustav, tu irais jusqu’à sous-entendre que mon parallèle maison Abraham & Fils / Proctor & Gamble ne serait pas si «maison» que ça ? D’après toi, mon pauvre cerveau ne serait pas étanche au point de résister au matraquage culturel auquel, génération après génération, les cerveaux de mes ancêtres ont été soumis ? Que, au hasard de mes faits et gestes, des profondeurs insondables de mes circuits imprimés à moi, remonteraient parfois des associations d’idées susceptibles de me rapporter des droits d’auteur que je ne mérite pas ?

Ça alors ! C’est bien la première fois qu’on me traite d’escroc.

Mais entre nous, ces âneries d’ «archétype», d’ «inconscient collectif» et compagnie, je vais vous dire, et je ne sais pas d’où me vient cette expression : «je m’en lave les mains»(5). Pas vous?

 

 

 

(1) source Wikipédia.

(2) Simonnot, Philippe, Le marché de Dieu : L’économie des religions monothéistes, Paris, Denoël, 2008.

(3) source Wikipédia.

(4) ibid.

(5) Evangile de Matthieu, 27.24

 

 

(à suivre: Moïse pète sa crise)

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15. Moïse lave plus blanc (huitième partie)

 

En fait, la 3ème et dernière mouture en date de l’entreprise abrahamique de récupération de la Grande Trouille Ontologique pré humaine, autrement dit le plus récent sujet de discorde sanglante entre bipèdes post cavernicoles à avoir été inspiré par ce bon vieux Gabriel, ne se distingue des deux premières que par une seule trouvaille : l’interdiction du «riba» ou «usure» ou encore (au bénéfice du doute sémantique) : prêt à intérêt :

Coran, Sourate II, versets 278 et 279.

«Ô croyants! Craignez Dieu; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants.
Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part de Dieu et de Son messager.
Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.»

 

Dans la pratique il faut bien admettre que cette tentative d’assainir le monde de la finance, tentative louable autant que désespérée dans la mesure où le monde de la finance repose sur le principe divin de l’arnaque de son prochain, «étranger» tant qu’à faire (1), n’a eu que de très modestes conséquences sur le comportement des Musulmans dans le domaine de l’enrichissement personnel. A cela on peut avancer plusieurs raisons.

La formulation même du verset susmentionné – «et si vous vous repentez vous aurez vos capitaux» – nous indique que le Coran s’inscrit dans une culture de type capitaliste qui n’a rien à envier à celle des Juifs ou des Chrétiens. La sourate 4, (An-Nisa) est presqu’entièrement consacrée au respect dû à la notion d’héritage et recommande à ce propos de ne pas mettre en cause les inégalités qui en découlent :

32. «Ne convoitez pas ce que Dieu a attribué aux uns d’entre vous plus qu’aux autres»

Certes, le Coran, imitant en cela l’Ancien et le Nouveau Testament, ne manque pas de vilipender l’impiété détestable des riches, à qui il est répété que ce ne sont pas leurs possessions terrestres qui leur feront gagner le royaume des cieux. Toutefois et qu’on se le dise, il n’est pas question de douter du bien-fondé du clivage préhistorique dominant/dominé, à la condition expresse que le dominant reconnaisse à son tour son statut de subalterne du Tout Puissant. La routine.

 

Une autre raison, d’ordre technique cette fois, de la quasi absence d’effet de l’interdit du prêt à intérêt sur la société musulmane est à rechercher dans l’habitude étrange que les ulémas (ou «docteurs de la Loi») ont prise à travers les siècles d’inventer mille et un stratagèmes (hiyals), absolument légaux bien sûr, pour lire dans le Coran des choses qui n’y étaient point écrites.

Le «penseur» et parieur invétéré chrétien Blaise Pascal, là encore c’est l’hôpital qui se moque de la charité, s’amuse (2) à donner un exemple de «contournement» de la Loi coranique :

«Je vends ce livre 120 payables dans un an, je le rachète immédiatement pour 100 payables tout de suite. Donc je garde mon livre, donne 100 et reçoit 120 dans un an.»

 

Plus près de nous, pour ne pas dire en ce moment même (3) de nombreuses banques islamiques proposent à leur clientèle attentive différents hiyals aptes à contourner la riba et ainsi rivaliser avec les systèmes de spéculation en vigueur chez leurs concurrentes abrahamiques classiques. Le Mourabaha, par exemple, ou « financement commercial avec marge bénéficiaire » :

«La banque acquiert une marchandise pour le compte de son client, moyennant une marge bénéficiaire fixée à la signature du contrat. Le banque transfert la propriété de la marchandise à son client une fois qu’il a payé le prix de celle-ci ainsi que la marge fixée à la signature. Ce type de contrat diffère du prêt à intérêt car la marge est fixe et n’augmente pas avec le délai de paiement.»

 

Je terminerai pour aujourd’hui en citant quelques hadiths de la sunna, autre spécificité musulmane prétendant rapporter les dires du Prophète.

Ainsi, Mahomet, qui avait lui-même commencé dans la vie en tant que négociant en bétail, se serait exprimé en ces termes (4) : «Le marchand sincère et de confiance sera (au jour du Jugement) parmi les prophètes, les justes et les martyrs», «le marchand de confiance sera assis à l’ombre du trône de Dieu au jour du Jugement», et encore : «les marchands sont les courriers de ce monde et les curateurs fidèles de Dieu sur la terre».

 

Jésus, on l’a vu, c’était les banquiers. Chacun son truc.

 

 

(1) cf chap. précédents

(2) Blaise Pascal,  Les Provinciales (la huitième) (1657)

(3) cf  Ismail, Muhammed Imran (2010)
Ph.D. thesis, University of Birmingham.)

(4) Rodinson, Maxime,  Islam et capitalisme, 1966, Paris, Seuil p33

 

 

 

(à suivre : Moïse lave plus blanc (suite et fin))

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Les aventures de Moïse

 

14. Moïse lave plus blanc (septième partie)

 

 

Parmi les souvenirs les plus vivaces de mes premières années à l’école laïque et obligatoire du village, il y a cette image échappée d’un livre d’Histoire : une pâle jeune fille blonde, vêtue de ce qui ressemble à une longue et blanche chemise de nuit, ligotée à un poteau planté au milieu d’une arène… Dans les parages immédiats rôde un mastar de félidé aux intentions manifestement peu amènes…

Ô Sainte Blandine ! Du temps de ton martyre, gravé à jamais dans les circuits de ma mémoire d’écolier laïque et obligatoire, les autorités romaines ne faisaient guère de différence entre les marques de lessive monothéiste libérale interdites qui menaçaient de déstabiliser le régime. S’agissant de faire un exemple, Juif ou Chrétien, qu’importait le flacon pour un lion assoiffé d’hémoglobine fraîche ?

 

Puis, en + 313 très exactement, par l’édit de Milan, l’empereur Constantin décida de mettre un terme aux persécutions infligées aux adeptes de Jésus. Dans la foulée il se convertit « personnellement et en personne », faisant du christianisme la religion officielle de l’empire.

Pour un retournement de situation, vous avouerez que c’en était un !

Dès lors, si la maison-mère avait tout intérêt à continuer à se planquer, la nouvelle filiale d’Abraham & Fils vola de succès en succès, multipliant son chiffre d’affaires au point de générer chez ses actionnaires – selon le principe, bien connu des économistes diplômés – du «plus qu’on en a, plus qu’on en veut», une recherche effrénée de toujours plus de richesse, toujours plus d’argent, toujours plus de profit.

D’autant qu’après tout, comme constaté précédemment ce n’était là rien d’autre que respecter la volonté du Tout-Puissant.

«Oui et non…» commençaient pourtant à ronchonner certains laissés pour compte de l’avènement de l’Âge de l’Argent. Il y avait plusieurs raisons à leur dépit, dont la moindre n’était certes pas leur ancienneté dans les territoires abrahamiques :

« Les Arabes  font leur première apparition dans l’histoire en 854 avant Jésus-Christ : l’arabe Gindibu soutint Bin Idri de Damas (le Ben Hadad II de la Bible) en lui amenant mille chameliers du pays d’Aribi à l’occasion de la bataille de Qargar[…] Peut-être le camp de Gindibu était-il situé au sud-est de Damas. Il est certain que les éléments bédouins de la péninsule arabique – qu’on appelait probablement indifféremment Aram, Eber ou Haribu – devaient être installés à l’origine, dans la région qui s’étend entre la Syrie et la Mésopotamie et qui fut, avec la Syrie le berceau le plus ancien des Sémites.» (1)

Sur leur positionnement en matière religieuse, Maxime de Tyr (philosophe grec du 2ème siècle) rapporte, dans ses Dissertations, que «les Arabes adorent aussi, mais je ne sais quoi. Quant à l’objet sensible de leurs adorations, je l’ai vu, c’est une pierre quadrangulaire.»

Cependant, «en tout état de cause», comme on bégaie chez les bouffons médiatistiques, ce sont ces populations arabes, souvent nomades (2) que Mahomet va s’attacher à convaincre de leur appartenance à la tradition biblique (voir plus haut) et, ce faisant, accroitre de façon significative l’influence du Parti Monothéiste Libéral sur la pensée préhistorique moderne.

…Non sans affirmer, à la manière des Chrétiens 600 ans plus tôt, vouloir redonner à la SARL Abraham & Fils toute la crédibilité que ses précédents administrateurs, par leurs excès, dépravations et autres errances lui avaient fait perdre :

Coran, [5:66] La table servie (Al-Maidah) :

«S’ils avaient appliqué la Thora et l’Evangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d’eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture; mais pour beaucoup d’entre eux, comme est mauvais ce qu’ils font !»

 

 

 

(1) Marc Bergé, Les Arabes, p. 20.

(2) Hommes voilés et femmes libres : les Touareg, par Marcel Baudin, publié par L’Harmattan.

 

(à suivre : Moïse lave plus blanc (8ème partie))

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Les aventures de Moïse

 

13. Moïse lave plus blanc (sixième partie)

 

 

Etats-Unis d’Amérique / siège de la multinationale Procter & Gamble, année + 1967

 

- Gamble, tu dors ?

- Non, et toi Procter ?

-Non, puisque je te cause…

- Exact. Alors ?

- Alors j’ai repensé aux résultats de notre dernière étude de marché et je me dis que la demande mondiale en machines à laver a encore fait un bond pas possible alors que nos ventes de lessive, Bonux et Dash réunis stagnent un tantinet…

- Je te vois venir, mon Procter ! Tu te dis qu’il serait peut être temps de sortir une nouvelle marque avant qu’Unilever nous broute l’herbe sous le pied !

- Tout juste, Auguste ! J’ai même une idée sur l’angle d’attaque qu’il conviendrait d’adopter. Tu vas rire mais ces grands couillons de hippies et leur obsession de retour à la nature en sont à l’origine ! Notre prochain bébé – Ariel c’est un joli nom tu trouves pas ? – se distinguerait des autres par sa formule entièrement BIOLOGIQUE !

- Qu’est-ce que t’entends par là, Procter ?

- Pas grand-chose et je te rassure tout de suite : ça ne nous coûterait pas un rond. Comme d’hab’ on change une ou deux molécules mais on garde le même circuit de fabrication/ promotion/ distribution…

- Procter, je t’aime ! Et je sens que je vais aimer Ariel, la première lessive biologique du monde libre !

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Genèse 16.15 : «Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d’Ismaël au fils qu’Agar lui enfanta.»

Non ce n’est pas une coquille. Lorsque, inspiré par l’Eternel et avec l’accord de son épouse Saraï – ce n’est pas une coquille non plus – qui semblait ne pas pouvoir enfanter, Abraham eut recours à une mère porteuse, Agar, servante de Saraï, pour engendrer son premier fils, il s’appelait encore «Abram». Ce n’est que plus tard, alors qu’Ismaël avait déjà 13 ans que, ayant pris soin de circoncire père et fils, l’Eternel changea l’état civil d’Abram en Abraham et celui de Saraï en Sara et, dans la foulée et malgré son âge fort avancé, autorisa enfin celle-ci à donner à son mari un deuxième fils, Isaac.

C’est clair, non ?

A tout hasard je vous ai tout de même souligné ce qui me paraît essentiel dans le scénario biblique, savoir :

1/ Ismaël est l’aîné des fistons d’Abraham MAIS pondu hors mariage. Comme qui dirait un genre de bâtard. D’avec une servante égyptienne qui plus est !

2/ Isaac est le fruit légitime de l’union entre Sara et Abraham MAIS le cadet d’Abraham, sinon celui de ses soucis.

Parce que c’est là que ça que le bât blesse entre Juifs (lignée d’Isaac) et Musulmans (lignée Ismaël) (1). Sauf qu’à ce stade des opérations l’Islam n’existe pas encore. Ce n’est que 1280 ans plus tard qu’un certain Mahomet, expert-comptable de son état (2) va revendiquer la suprématie de sa filiale toute fraîche au sein de la SARL Abraham & Fils. Au point de faire d’Ismaël, et pas Isaac comme il est écrit dans la Torah, le fils que Dieu demande à Abraham de lui sacrifier :

Coran, 37:102 Les rangés (As-Saffat) :

«Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses ». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants ».»

 

 

Parenthèse :

Vous allez penser que je radote et pourtant, une fois encore, je vous déclare solennellement qu’il me pèse d’avoir à remuer ce fatras poussiéreux sous lequel se cachent les petits cailloux nous permettant de remonter aux sources d’une civilisation qui, comme nous en avons la preuve accrue tous les soirs à la grand-messe du JT , court à sa perte. A toute berzingue.

Une fois encore je clame haut et fort, du haut de mon mètre soixante et onze en socquettes pur laine, qu’il n’y a point d’effet sans cause et que la Krize qui nous chosifie, nous pollue les bronches et le cerveau, nous affame, dégueulasse les océans, bref nous enferme toujours un peu plus serrés dans nos slips préhistoriques, trouve les siennes au plus profond de chacun d’entre nous, sous la forme de quelques postulats prétendument ontologiques – «c’est l’être humain qu’il est comme ça , ma pôv’ dame !» – mais en fait 100% KULTURELS. C’est-à-dire, au constat des innombrables moyens de pression physique et morale exercés, ces 2700 dernières années, sur la dite kulture par le lobby qui nous occupe, 100% INDUITS PAR LES CROYANCES RELIGIEUSES.

Partant, plutôt que se livrer à un millionième simulacre de décision «majoritaire», une millionième élection de crétins totalement dépassés par l’ampleur du malaise général, je suggère de profiter des avancées incontestables de la psychanalyse moderne (rires) pour enfin essayer, à titre individuel de comprendre le pourquoi du comment de notre peur d’accéder au statut d’individus responsables, dans TOUS les sens du terme.

Fin de la parenthèse, retour à la blanchisserie…

 

Nous sommes aux alentours de l’an + 600 et si les tribus juives, après la sévère tannée reçue des Romains, conformément au verdict de l’Eternel, sont en voie d’éparpillement au quatre coins de la Méditerranée, les Chrétiens quant à eux n’ont pas trop à se plaindre de la tournure prise par les événements…

 

 

 

(1) Les douze fils d’Ismaël dont il est fait mention dans la Bible ont été repris par la tradition musulmane. Il est dit que deux d’entre eux s’établirent à La Mecque, où ils fixèrent leur demeure, à savoir : Nebajoth et Kédar. Kédar est l’ancêtre des Quraychites, la tribu de Mahomet.

(2) au service de Khadija, une riche veuve à la tête d’un commerce caravanier, qu’il finit par épouser (3). (ibn Habîb al-Baghdâdî (m.245), Muhabbar p. 79. Haydarabad. / al-Balâdhurî (m.279),Ansâb’al achrâf tome I paragraphe 177 Caire 1959.)

(3) la première d’une série de quinze dont l’une avait six ans quand il l’épousa. (Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 327)

 

 

(à suivre : Moïse lave plus blanc (7ème partie))

 

 

 

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Les aventures de Moïse

 

12. Moïse lave plus blanc (cinquième partie)

 

A l’heure (grave, pensez-donc !) où les petits chefs de gôche sont en passe de se trouver un surchef qui tâchera de se faire nommer chef en chef d’une bande de préhistoriques post cavernicoles, grands massacreurs de lapins et bafouilleurs de  marseillaise devant l’ «Eternel des armées», je continue mon petit bonhomme de chemin à travers la forêt des archétypes abrahamiques en lien direct avec la panade socio-économique dans laquelle l’homo sapiens-sapiens se débat actuellement. A ce propos – et une lueur d’espoir point à la périphérie de mon regard presbyte – il me semble percevoir l’amorce, aux quatre coins de notre ronde planète d’une «indignation» qui fait chaud au cœur du petit poucet que je suis.

Sauf que les Chrétiens de l’an 0 eux aussi, ils s’indignaient comme des fous. Et on vient de voir que cela ne les empêcha pas de se faire plus ou moins volontairement les continuateurs d’une culture douteuse au sein de laquelle les banquiers et leur sordide principe de faire de l’argent avec l’argent ne risquaient rien à «donner à celui qui a» et à «ôter à celui qui n’a pas, même ce qu’il a (???)».

Non seulement ils ne risquaient rien, les cochons, mais ceux qui oseraient trouver à redire à ce principe fondateur du libéralisme divin risquaient, eux, en tant qu’hérétiques, de se voir confisquer (tant qu’à faire dans les pires souffrances) leur vie terrestre ainsi qu’une autre, pas des masses plausible celle-là mais, après tout, la trouille de voir disparaître corps et bien son ego chéri ça ne se commande pas et au cas où il aurait moyen de moyenner…

Bref, et cela se comprend, infiniment minoritaires seraient les candidats à se faire jeter «dans les ténèbres du dehors, où il y aurait des pleurs et des grincements de dents».

Donc chez Abraham & Fils on pouvait dormir tranquille.

 

D’autant plus tranquille que, succédant aux premiers Chrétiens qui, on l’a vu, en tant que Juifs hésitaient à couper trop radicalement les ponts avec la maison-mère, les conseils d’administration d’ascendance «étrangère» qui s’en vinrent, au fil des générations, s’installer aux commandes de la nouvelle filiale, loin de montrer l’exemple en suivant à la lettre les directives originelles de mépris des biens de ce monde et d’égalité en Notre Seigneur Jésus-Christ, ne tardèrent point à mettre en place une hiérarchie paramilitaire, vénale au possible, qui n’était pas sans rappeler les pires cauchemars des Esséniens.

Ainsi, vers la fin du 1er siècle, du fond de son Asie Mineure, un certain Ignace d’Antioche exigea des communautés chrétiennes leur soumission à l’«épiscope» «qui tient la place de Dieu lui-même». Exit le modèle collégial ou «église», du grec eklesia, «l’assemblée du peuple» dont avaient, un court instant, rêvé les fans de Jésus. On gardait le mot, ça sonnait mieux que «conseil d’administration», on lui collait même une majuscule mais finie l’ «assemblée» !  Un président à vie, le pape, ferait mieux le boulot, aidé en cela par une bonne équipe de ministres lèche-bottes qui, à leur tour nommeraient leurs propres larbins, et cætera  i tutti quanti et les vaches seraient bien gardées.

Donc plus d’assemblée mais on gardait le concept de «peuple». Un nouveau «peuple élu» (2), potentiellement mille fois plus important en nombre que le précédent puisque non soumis (1) aux critères génétiques évoqués plus haut. En effet, le Nouveau Testament, contrairement à l’Ancien n’interdisait pas aux chrétiens de «contracter un mariage» ni de «donner ses filles» ni de «prendre les filles» de qui que ce soit «pour leurs fils». Du moins en théorie. En pratique, les qui-que-ce-soit en question avaient tout intérêt à se mettre à la nouvelle less…pardon, à se faire baptiser  dans les plus brefs délais.

Et pas que pour se marier ! Le Moyen Orient des inoubliables «croisades», l’Amérique centrale et méridionale des «conquistadores» puis l’Amérique du Nord de Buffalo Bill, grand affameur de « Peaux-Rouges » en Jésus-Christ, sans parler, bien sûr, de l’Afrique des missionnaires et de leur position discutable à plus d’un titre, allaient, au cours des  millénaires à venir, s’en voir administrer la preuve.

 

«Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu»

 

Pourtant, au siège du Parti Monothéiste Libéral des années + 600, on n’était toujours pas certain d’avoir fait le plein des suffrages «étrangers» dès le premier tour…

 

 

 

(1) année + 49 : Le concile de jérusalem déclare les non-Juifs libres à l’égard de la loi mosaïque.

(2) Epitre de Paul  aux Ephésiens :

1.11. «C’est aussi en lui que nous avons été élus, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté»

 

(à suivre : Moïse lave plus blanc (6ème partie))

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Les aventures de Moïse

 

11. Moïse lave plus blanc (quatrième partie)

 

 

Les forts en Bible et autres théologiens distingués hésitent à affirmer que les Esséniens constituent le chaînon manquant entre l’Ancien et le Nouveau Testament. A vrai dire, peu importe. Le fait est que les premiers Chrétiens étaient juifs, à commencer par Jésus et ses apôtres.

Mais attention, c’étaient là de braves Juifs. A l’instar des Esséniens, ils regrettaient amèrement que leur religion soit tombée aux mains de mauvais croyants qui, entre autres errances, n’en retenaient que les divines recettes pour augmenter chaque jour un peu plus l’étendue de leurs richesses. Le nouveau label abrahamique devait donc commencer par imposer une règle (d’or ?) à ses adeptes. Celle de ne point se livrer aux tripatouillages financiers qui, mieux que les divisions sanglantes entre les différentes communautés hébraïques, allaient bientôt livrer Jérusalem aux Romains et, selon la parole de l’Eternel, faire descendre Israël «toujours plus bas», jusqu’à le disperser aux quatre coins de la planète.

Dès lors, le Christianisme n’aurait cure des biens de ce monde ! Le Christianisme serait incorruptible ! Contre les 354 entrées au mot «argent» répertoriées dans le Pentateuque, les 4 Evangiles réunis n’en totalisent que 16 dont aucune pour l’Evangile de Jean !

Matthieu 19.21 : «Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.»

Luc 6.20 : « Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit : Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous !

 

 

Mais j’en vois déjà parmi vous qui ricanent et disent que tout ça c’était une combine pour consoler les pauvres d’être pauvres pendant que les riches continueraient leur petit business bien peinards. Que si les Chrétiens étaient aussi certains que ça que l’argent c’est rien qu’un boulet qui nous empêche de grimper au Paradis, alors pourquoi ils avaient collé leur manuel de l’utilisateur au cul de celui qui contenait des propos tels que :

Proverbes 22.7  «Le riche domine sur les pauvres, Et celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête.»

Zacharie 14.14 « Juda combattra aussi dans Jérusalem, Et l’on amassera les richesses de toutes les nations d’alentour, L’or, l’argent, et des vêtements en très grand nombre.»

Ou pire :

Aggée 2.8  «L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Éternel des armées.»

 

 

C’est sûr qu’il y a quelque chose qui cloche dans toute cette histoire…

D’un autre côté, les premiers Chrétiens étant juifs, ils ne pouvaient quand même pas se mettre mal avec la famille et faire chambre à part sur un coup de tête…

Jésus lui-même, de la lignée de David, excusez du peu, se devait de faire un effort, d’où la «parabole des talents» (Matthieu chap.25). Je vous la fais courte : il s’agit d’ «un homme partant pour un voyage» et qui confie de l’argent à trois de ses serviteurs. A l’époque l’euro n’existant pas encore, on s’arnaquait en «talents». Quand le voyageur s’en revint chez lui, le serviteur qui avait reçu 5 talents les avait placés (en bourse ?) et put en rendre 10 à son maître. Celui qui en avait reçu 2 les avait également fait fructifier et son maître en récolta 4. Le maître était super content de ses deux lascars et les récompensa grave. Contrairement au 3ème larbin à qui le maître avait remis 1 talent et qui, pas trop sûr de lui, s’était contenté de l’enterrer dans le jardin pour ne pas le perdre et qui, conséquemment ne lui avait pas fait faire de petits, comme tout monothéiste libéral qui se respecte aurait dû. D’où le mécontentement affiché de son boss :

 

26. «Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné ;

27   Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.

28. Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.

29. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.

30. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.»

 

Sacré Jésus !

 

 

 

 

(à suivre : Moïse lave plus blanc (5ème partie) )

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