Archives de catégorie : Graffiti

– fiction, pohaizie etc….

producteur de porc*

Paraît  qu’en terre bretonne, il n’y a pas que le loup , le renard et la belette  à Tatie Nolwenn qu’on entend chanter.

porcs

                                                                    Producteur de porc

Tu sens si bon la mort
La puanteur
La souffrance rance
L’obésité entretenue avec ferveur
Jusqu’à l’égorgement divin
Grâce à toi on a du boudin
Du siflard, du jambon à l’os

Et on veut affamer tes gosses?
Te déranger dans ton boulot?

Te faire cultiver des poireaux???

Oooooohhhhh!!!

 

porc

l’agriculteur beauceron

moissbat

Qui de plus radin, égoïste, sale dans sa tête et dans son slip, irrécupérable, abruti par les pesticides,

et les engrais immondes,

corrompu, vicieux, sans intérêt sauf le sien,

qui de plus crétin,

malsain, puant, bête et con

que l’agriculteur beauceron?

primevères

Le printemps. La période de l’année où on en veut un peu moins à nos couillons de parents de nous avoir sortis – temporairement, ouf ! – du nirvana. C’est vrai qu’elles sont craquantes ces petites primevères. Élégance et discrétion. Tout sauf juchrémanes qu’elles sont, les primevères. Et pourtant elles en ont vu défiler des processions superstitionnaires, les pauvres mignonnes ! Des pâqueries soutanales aux grand-pardonnades kipesques en passant par les ramadaneries enserpillées… Elles en ont entendu des airs de pipeau hébraïques, latins ou arabiques ! Vantant l’amour du prochain, la compassion et la générosité dans la gloire retrouvée d’une Nature divinement ressuscitée, etc etc. Le tout doré sur tranche et incrusté de pierres précieuses because les VRP du Grand Yavallah ils lésinent pas sur la déco. primevères
A propos, demain vendredi, journée sainte s’il en est, la période de l’année où on en veut un peu moins à nos enfants de ressembler à leurs couillons de parents qui les ont – temporairement, que ces chers petits futurs cadavres se rassurent ! – sortis du nirvana, la région parisienne va connaître un pic de pollution pour la troisième journée consécutive. Bah, on n’en appréciera que mieux l’élégance discrète des primevères quand la brume nécessaire à la croissance économique de la Juchrémanie occidentale post moderne se sera temporairement dissipée.

Entretiens avec Léon (7)

Mobilier urbain

 

« Ecoutez ceci, ô vous qui grugez les nécessiteux et tendez à supprimer les pauvres du pays! » (Prophètes, Amos, 8,4)

 

-Tu vois, Léon, s’il y a une chose qui me dégoûte dans le comportement du Juchréman moyen, c’est son aptitude incroyable à faire le faux.
-Tu veux parler de certains présidents de la république qui se disent ennemis des financiers tout en leur arrangeant des coups pas possibles pour qu’ils puissent continuer à s’en mettre plein les fouilles sur le dos du citoyen ?
-Par exemple mais aussi, de manière plus générale, de tous ces braves gens qui, une fois s’être solennellement déclarés horrifiés à l’idée de voir leurs destinées tomber entre les mains de papy Le Pen et sa grosse viking de fifille – à tel point qu’ils t’ont cassé les noix 24/24 pour te faire voter pour n’importe quel autre escroc de préférence – frétillent du croupion à l’arrivée aux commandes du char à bœufs gouvernemental d’une petite frappe autoritaire qui ne pense qu’à bouter les Roms hors de France.roms2
-Mais puisque la note de police préconisant de « localiser de jour comme de nuit les familles roms du 6ème arrondissement de Paris vivant dans la rue » et de les « évincer systématiquement » vient d’être « rectifiée » par le ministère de l’intérieur ?
-C’est vrai, tu vois je monte sur mes grands chevaux tout de suite ! Alors que la circulaire interministérielle du 26 Août 2012 prouve bien que le socialisme n’est pas un vain mot. Selon ses auteurs, « elle permet d’appliquer avec fermeté et humanité trois principes : le démantèlement des campements illicites en proposant des solutions d’hébergement chaque fois que cela est possible, le respect du droit au séjour et la coopération avec les pays d’origine pour y permettre leur réinsertion ».

on va chercher des oeufs de Pâques

 

-T’as vu…

 

-Mea culpa. En fait, j’avais mal compris. Manu-la-Tendresse, tout ce qu’il veut, « avec fermeté et humanité », c’est que de pauvres exilés puissent au plus vite regagner leur paradis perdu. C’est là leur « vocation », comme il dit et une vocation c’est juchrémaniaquement sacré. « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie, et pour cela il faut que l’Union juchrémane européenne, avec les autorités bulgares et roumaines, puisse faire en sorte que ces populations soient d’abord insérées dans leur paysroms4
-Mais oui…De toute façon, Laurent Nunez, le directeur de cabinet du préfet de police de Paris a bien dit que le terme « évincer » « peut être mis sur le compte d’une maladresse ».
-Je me disais aussi…A propos, en parlant de « solutions d’hébergement chaque fois que cela est possible », j’ai noté une entrée sympa sur Wikipédia : « Mobilier urbain anti-SDF ». Apparemment, c’est encore une affaire de  vocation : «  Le mobilier urbain anti-SDF a pour vocation de rendre inconfortable l’occupation prolongée d’un espace ».
-Alléluia ! Encore une création d’emploi en Juchrémanie post moderne ! J’imagine le mec qui passe sa journée à inventer des moyens de « rendre inconfortable l’occupation prolongée d’un espace »… « -Tiens salut  ! Je te croise plus à Pôle Emploi, caisse tu deviens ?-Bah j’ai monté un petit bureau d’études spécialisé en mobilier urbain anti-SDF dans mon sous-sol. Je croule sous les commandes… »220px-Boulons_anti-sdf_sur_un_perron_(Marseille,_France)

 

 

-Je me demande pourquoi d’un seul coup je repense aux tessons de bouteilles cimentés sur le faîtage des murs de mon enfance. Genre « hé les gamins, on vous empêche pas de venir cueillir des jonquilles dans le parc mais pensez à enfiler une cotte de mailles ! Ah oui, on a aussi oublié un piège ou deux on sait plus où… ». L’hypocrisie, Léon ! L’hypocrisie ! Cette spécialité juchrémane qui nous pourrit l’existence pire que n’importe quel totalitarisme. sdf3

 

Parce que le vilain faf, on peut le montrer du doigt le dimanche à la sortie de la messe…Psaumes 17,7 : « Signale ta bonté, toi qui sauves ceux qui cherchent un refuge. » ou le samedi, à la sortie de la synagogue… « Tu ne pervertiras point le droit de l’indigent » (Talmud de Babylone, 278)
-Ou le vendredi, sur le trottoir de la mosquée en construction…Coran, Al-Hashr 59.9 :« Heureux les gens qui savent se prémunir contre leur propre avarice ! ».
-Ou tous les jours sur les « pages » des passionarias facebook qu’elles z ont des zenfants qu’elles veulent pas qu’ils virent bac+12 au chômedu dans ce monde cruel alors on se repasse un mistral gagnant-gagnant des années folles pour mériter les « j’aime » des zamis qui le « partageront » avec leurs zamis. Ah-si-tous-les-ipads-du-monde-ils-pourraient-se-donner-la-main-one-love…
-Bah c’est humain, enfin: préhumain,disons … Sinon tu veux dire que les tendances politiques –pardon, aujourd’hui on dit « sensibilités »- aussi caricaturales soient-elles, ne sont qu’une crotte de nez dans la fange socioculturelle dont se repaissent nos grands principes de surface ?
-Mouais, c’est pas mal dit. On peut aussi les voir comme une verrue sur le chancre mou des beaux sentiments frelatés, proliférant tranquillement sous le soleil d’un délabrement mental héréditaire nourri à la peur du lendemain et la culpabilité d’être.sdf5
-Deux mamelles de la louve juchrémane parmi quelques autres non moins efficaces…
-Desquelles il serait fort judicieux de songer à se sevrer enfin, plutôt que continuer à faire des caprices sans lendemain à propos d’épiphénomènes qui ne font peur qu’à ceux qui le veulent bien.

 

Le « mobilier urbain anti-SDF » pas plus que l’ « évincement systématique » des familles roms ne sont des inventions à caractère politique mais bel et bien les dernières trouvailles d’une société dont l’hypocrisie morbide plonge ses racines dans un inconscient collectif malade de sa culture.

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S’il fallait une preuve supplémentaire de ladite hypocrisie sachons que, pour noyer le poisson rom et finir d’embrouiller les offusqués des trottoirs à fakir « depuis lundi, la préfecture de police a lancé une nouvelle campagne de dératisation à Paris. Pendant cette période, les syndics, propriétaires, locataires ou gérants sont tenus de prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les rats et souris. »
Je suppose qu’encourager ces crados de roms et ces sacs à puces de SDF à continuer à zoner dans les parages irait gravement à l’encontre des mesures en question, non ? Dieu merci, « des agents de l’unité de prévention des nuisances veilleront au bon déroulement de l’opération. Des contrôles seront effectués et des contraventions pourront être dressées en cas de non destruction des nuisibles. L’amende peut s’élever à 450 euros. »

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-Tu sais, gars Franck, y a des fois je me demande si tu fais pas exprès de tout mélanger.

 

Entretiens avec Léon (6)

 

Pourceautages

 

clo

Vu d’avion, les villes peuvent être définies comme un réseau de rues à entretenir, des maisons à rendre aussi agréables à vivre que possible, des commerces à répartir au mieux des besoins des habitants. De même, y sont indispensables des établissements scolaires bénéficiant tous de moyens semblables et,  bien entendu, des professionnels de santé – éventuellement cliniques ou hôpitaux – accessibles à tous, financièrement et géographiquement.
Les villes sont des lieux d’épanouissement culturel où les théâtres, les cinémas, les musées sont aussi nécessaires que les espaces verts et les gymnases. En ce domaine également, une distribution cohérente et un accès facile sont des critères déterminants…
Des sages chargés de veiller au respect des valeurs de justice et d’équité propres à favoriser un climat de sérénité bienveillante entre les citoyens, ou « conseillers municipaux », sont recrutés pour une durée limitée, par cooptation, le plus souvent parmi les diplômés d’écoles spécialisées dans la gestion harmonieuse de groupements humains. Leur rémunération est, bien entendu, égale à celle de tous les autres citoyens puisque nous vivons enfin dans une société non juchrémane, c’est-à-dire une société de laquelle toute idée d’avantages matériels liés à une fonction quelconque au sein de la cité a été bannie. Plus de hiérarchie mais une répartition horizontale des tâches selon les talents des uns et les besoins des autres. Ajoutons en passant que l’argent est redevenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : une monnaie d’échange, auto destructible après une année révolue de non utilisation. Eh oui ! Nous avons finalement réussi à laisser notre préhistoire derrière nous et notre cerveau reptilien au placard. Les superstitions, juchrémanes ou autres, continuent à circuler, surtout près des cimetières les soirs de pleine lune mais, dans la mesure où le tissu d’âneries sur lequel elles s’appuient a cessé de nuire au développement de structures mentales proprement humaines, chacun les laisse mourir de mort naturelle…

-Hé gars Franck, réveille-toi !

 
-Qu…Que se passe-t-il ?

 
-Les premières estimations viennent de tomber, ça t’intéresse ?

 
-Non mais envoie quand même!

 

burnes+

 

 

Car ce qui précède n’était qu’un rêve. En vrai, à la télé, les soirs de « dépouillement », on ne conçoit pas la gestion d’une ville ou d’un village comme un métier qui s’apprend et s’exerce par goût, voire vocation, à l’exclusion de toute motivation juchrémane (pépètes, besoin de dominer, tribalisme, etc). Non, à la télé, les soirs de dépouillement, on ne parle que de « batailles », de « fiefs » à « conquérir » ou à « défendre », de « citadelles », de « bastions » à « arracher » à ceux d’en face par une « victoire », si possible « écrasante » de nos « troupes ».

 

valls++

 

Interrompant de toute urgence de prétendus « débats » – dialogues de sourds entre « lieutenants » analphabètes – nous parviennent, dans le crépitements des flashes, depuis des « qg de campagne » largement fournis en amuse-gueules à nos frais, les visions affligeantes de chefs d’escadrille acrobates du mensonge dans leurs numéros de basse voltige.

 

guan++

 

 

Figés de stupeur devant nos écrans, nous sommes des genres de bernadettes soubirous à l’entrée de la grotte miraculeuse. Sauf que le miracle, c’est nous qu’on le renouvelle à chaque « consultation électorale », comme ils disent. Le miracle de la crédulité infinie. Le miracle du blaireau complet à qui on réitère, de scrutin en scrutin, les mêmes promesses non suivies d’effet et qui, pourtant, tel un enfant jamais rassasié de père noël, veut y croire encore et encore. Le miracle du gogo de service qui, savamment culpabilisé dans son hésitation à accomplir un « devoir électoral » inutile supplémentaire, finit malgré tout par se laisser berner une fois de plus par l’habile marchand de cravates à la sauvette. Le miracle de la démocratie démocratique en action.

 

isoloir+

 

Non seulement, il y a cette culpabilité de ne pas profiter d’un droit soi-disant acquis au prix du sang par nos aïeux vénérés mais reconnaissons que tout ce cirque paramilitaire, pour ne pas dire guerrier, nous titille l’animalité. Le syndrome du Grand Prix de L’Eurovision. Chic, une bagarre ! Mais alors, si on veut bien admettre que, de temps en temps au moins, la gestion d’une ville est un métier comme un autre, pourquoi ne pas élire aussi les plombiers, les maçons, les marchands de glaces, les dentistes ou les éboueurs ? Ça nous donnerait l’occasion de nous foutre sur la gueule encore plus souvent. Quasiment tous les jours.

 

vote+

 

-Et, tant qu’on y est, ce serait pas mal d’élire les journaleux  télévisuels et leurs « estimateurs » (dixit Marie Drucker) qui se contentent d’annoncer 38% d’abstention en début de soirée pour ensuite ne plus jamais en tenir compte dans leurs pourceautages et, en conséquence, faire discrètement comme si les zélus l’avaient réellement été par une majorité réelle de citoyens.

 

vote2+

 

-…Sans jamais s’intéresser, ce serait trop leur demander, à tous les marins qui, sourds aux chants des sirènes de la schizophrénie démocratique, ont toujours pris soin de naviguer loin des listes électorales. En pourceautage, je peux te dire que ça doit largement permettre de faire la bascule et de conclure, chiffres à l’appui, que dans ce coin de la Juchrémanie post moderne, le kratôs du démôs sur lui-même repose aujourd’hui sur du vent.

 

anzu++

 

-C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

 
-Je dirais que oui, dans la mesure où ça prouve que la majorité des citoyens semblent ne plus accorder d’importance aux tortillages de cul d’une poignée de mythomanes prétendant parler en leur nom. La majorité des citoyens en a soupé de toutes ces starlettes sans la moindre qualification professionnelle qui, au coup de gong, s’en viennent faire renouveler leur CDD, ou s’en faire établir un, sur la foi de leur bonne mine et de leur appartenance à une bande de potes que heureusement qu’elle est là pour contrer d’autres bandes qu’elles sont malfaisantes comme tout. Ben voyons! La majorité des citoyens en a marre de régler des factures somptuaires à des maçons incapables d’honorer leur devis, alors que les baraques qu’ils leur livrent sont déjà en train de se fissurer. La majorité des citoyens a compris que gérer une ville était un métier. Pas une affaire de copinage artistique.

 

derrière+

 

 
-Tu veux dire que la majorité des citoyens a pigé que calculer combien il faut de pièces dans un appart pour loger cinq personnes ne dépend pas d’avec quel promoteur véreux on a passé le dernier weekend à Marrakech ?

 
-Oui c’est bien ce que je veux dire. Je veux dire également que, sous ce je-m’enfoutisme de surface exprimé par le bon peuple, commence à poindre une réelle envie de mettre fin à une croyance fondatrice de la culture juchrémane : la nécessité de suivre un chef. Ce n’est pas parce que les « réseaux sociaux »…

 
-Ha ha ! Je te vois venir !

 
-…S’acharnent à entretenir leur cher public dans la certitude pathologique que, pour accéder soi-même à un semblant d’existence, il est indispensable de se réclamer d’un gugus à «liker » ou à « follower », que, au fond…

 
-Tout au fond alors !

 
-Je sais, mon optimisme me perdra…Qu’au fond, disais-je, le citoyen responsable de sa pensée et de ses actes n’est plus très loin de pointer le bout de son museau. Titulaires d’un cerveau de tous les pays, unissons nous !

 

 

(à suivre: Entretien septième )