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– fiction, pohaizie etc….

Nous les autres espèces animales

 

Vous vous dites « chasseurs », je vous dis « meurtriers », « tueurs de masse ». Vous vous dites « protecteurs de la nature », je vous dis « tortionnaires du monde vivant ».

Chaque décharge de vos fusils est une insulte braillée aux oreilles de ceux à qui votre existence est un fardeau. Une douleur. Une blessure.

Plus que votre cruauté sadique, votre bêtise fait peur.

Comme si la mauvaise saison n’était pas assez mauvaise. Comme s’il fallait rajouter de la souffrance à la souffrance. La souffrance des êtres amaigris, en quête de quelque racine résistante aux pesticides réglementaires, que vous traquez sans répit.

En meute, le plus souvent. Des meutes de crétins congénitaux. Sous vos déguisements para militaires, votre lâcheté est insondable.

De septembre à février, seigneurs auto proclamés des bois et des champs, vous vous arrogez le droit de nous terroriser, nous les autres espèces animales. De la perdrix tombée à terre, que vous rapportent vos chiens, hurlants, contaminés par votre avidité maladive et que vous enfouissez encore vivante dans vos charniers portables, au paisible promeneur que votre myopie alcoolisée vous aura fait confondre avec un de ces sangliers importés par centaines pour mieux les exterminer ensuite en passant pour des héros.

Nous, les autres espèces animales, les espèces sans fusil à l’épaule, sans bottes, sans 4×4, sans plume au chapeau ni au derrière.

Nous, les autres espèces animales qui, tant bien que mal, nous efforçons d’atteindre à une humanité qui nous échappe encore et toujours.

Nous, les espèces qui vomissons la vôtre.

Dupond ou Dupont ?

J’ai pas mal de soucis de tous ordres en ce moment mais heureusement , il y a les flics pour me remonter le moral.

Des poulets  qui s’entreplument, ça met une ambiance pas possible dans le poulailler et alentour.  Je comprends que notre pileux du museau de Sinistre de l’Intérieur  ait sorti les décos de Noël à pitre costume. Offrant aux braves cons découpés au couteau en céramique (ça se vend bien en ce moment) l’opportunité rêvée de rejoindre, sur la liste des Légionnaires d’Honneur, de courageux héros comme Johnny,  Michel Legrand, Stéphane Berne, Michel Houellebecq, Jean-Marie Colombani, J.Michel  Jarre,  ou encore les 23 joueurs de l’équipe de France de foot championne du monde, mais aussi –parité oblige – de grandes résistantes comme Michèle Laroque, Nathalie Baye, Mimie Mathy, Marisol Touraine, Vanessa Paradis, Céline Fion ou Évelyne Délhiat.

Sur un registre plus léger mais tout aussi inventif, quand ils veulent vraiment s’en donner la peine, nos fiers représentants de la loi savent se surpasser. Rien que pour nous. Pour nous faire vivre des weekends inoubliables. D’accord, sur ce coup-là, les merdias, toujours prêts à aider, n’ont pas hésité à participer à fond et nous les en remercions chaleureusement.

En deux mots, voilà-t-il pas qu’hier, on alpague Xavier Dupont-de-Mes-Deux-Ligonnès, meurtrier présumé de son épouse et de ses enfants, en cavale depuis 8 ans. La police écossaise l’a repéré, au bord du Loch Ness, armé d’une canne à pêche à répétition. Vite, leurs collègues français filent là-haut, émotionnés à fond.

Xavier Ducon-de-Mes-Deux Ligonnès !!! De quoi faire oublier la plantade européenne de Son Emperozité, la veille. Et vas-y que Béhèfèmetivi te suit l’affaire heure par heure, que France Info se fend d’une émulsion spéciale et que tous les spécialistes ès affaires criminelles du siècle sautent partout comme des puces . C’est pas dieu possibe !!! Dupont de-Leurs-Deux Ligonnès !!!  D’accord le mec dit qu’il s’appelle Guy Joao, d’accord il ressemble pas du tout à Xavier Dupont-de-Ses-Deux Ligonnès mais comment croire un type qui a tué sa femme et ses enfants à coups de carabine ? C’est quand même bien ses empreintes, oui ou merde ?

– Heu, merde. Finalement ce ne sont que « partiellement » les empreintes de « l’homme le plus recherché de France » qu’ils disent à LCI,Tf1, FR3, Antenne 12,Canal 13,14,15,16… Et dans tous les journaux et chez la boulangère… Partout quoi…

– « Partiellement » ?  Ça existe, des empreintes digitales « partielles » ?

– Faut croire. C’est comme « la violence légitime » et  « l’eau liquide »…

Eh ouistiti! Pareil qu’avec leur  « violence légitime » et leur «eau liquide », les keufs et les journaleux nous ont encore salement embrouillés. Question d’habitude.

Perso, je regrette pas. Ça valait le coup.  C’est pas tous les samedis qu’on se marre comme ça.

Allo Christophe ?

– Allo Christophe ? Je t’entends plus. Tu pourrais arrêter de tirer la chasse d’eau 2 secondes ?

– Excuse mais il a fallu délocaliser le QG du ministère sur la lunette de mes chiottes. C’est François, il savait pas quoi faire des 3 caisses de homards qui lui restaient et comme il devait déménager très très très vite…

-…

– … Sauf qu’il y a eu une interruption dans la chaîne du froid ou je sais pas quoi et quand je les ai réceptionnés, ses homards…

– Christophe !

– ( Bruit de pets foireux en rafales) Vas-y Doudou, c’est quoi ton problème ?

– Le tien tu veux dire ! Le gamin, il s’est pas noyé en essayant de vérifier qu’il savait pas nager, quand même ?

– Alors là, t’en sais rien du tout, mec. Regarde, même l’IGPN a des doutes.

– Et comment ! C’est moi les doutes. Moi et notre Emperozité à nous. Nous le dernier carré de cèlzéceux qui continue à miser sur son zézaiement sexy à fort pouvoir hypnotique.

– Merci du coup de main, les poteaux, mais je suis assez gros pour détourner tout seul l’inattention de BFM tivi. T’as kiffé mes incendies dans le Gard, Doudou ? Ha ha ! Une boîte d’allumettes, une bonne équipe de Benne-Tralalas et hop, oubliés les bains de minuit dans la Loire de ces jeunes cons.

– Christophe ! Dis-moi pas que c’est pas vrai !

– Ben quoi, aux grandes hémos, les grands intermèdes ! On a pas gazé les derniers gilets jaunes pour se laisser emmerder par une bande de trous-du-cul et leur musique de pédales. Ça aurait été du hard rock, encore…

– …Mais y a quand même un pilote de tracker qu’a laissé une veuve et une portée d’orphelins dans l’histoire !

– (Nouvelle salve de pets gastro-entériques) …Bon, Doudou, là je crois qu’il faut trop que je me concentre sur la gestion de mes émonctoirs. Je te rappelle demain après la manif. Mes respects à Son Emp… (inaudible à cause de la chasse d’eau)

Chats, chats, chats (4)

En préambule, un rapide constat sur les expériences en cours en la charmante bourgade de St Symphorien par « l’entreprise d’alimentation animale Sanders, filiale du groupe agroalimentaire Avril (Matines, Lesieur, Puget…). » : TOUJOURS PLUS LOIN DANS L’HORREUR . Question : quand allons-nous nous décider à devenir des  humains  et, en tant que tels, cesser de nous nourrir de la chair des autres espèces sensibles. Mais bon, puisque le « Parti Animaliste » (rires) pense qu’il ne faut rien précipiter…

Moins vicieux mais tout aussi égoïstes, nos amis les chats.

Valentin, ce fdp ex-migrant sauvé d’une mort certaine par arrachage testiculaire médicalement assisté contre la modique somme de 80€ ne m’avait plus donné signe de vie depuis 3 semaines. Il s’était pris la chiée de sa life à cause d’un camion venu livrer le bois pour l’hiver prochain. Trop peur, le Valentin. Disparu dans la nature. Et voilà que, l’autre matin, alors que, dans mon pessimisme légendaire, je l’imaginais kidnappé par un gang de scientifiques dépravés, des électrodes plantés dans les hémisphères cérébraux façon banderilles de toréadors- têtes-de-mort, cékicè que je vois apparaître sur la fenêtre, épais comme une tringle à rideaux anorexique ? VA-LEN-TIN !!!

Sa bassine de croquettes avalée sans mâcher, et malgré ses bijoux de famille dorénavant du domaine de l’histoire ancienne, il a fallu qu’il recommence à draguer Greffier. Qui lui a, une fois encore, craché son mépris au visage :

– Mais, bordel de dieu, puisque je t’ai dit qu’ici on aimait pas les étrangers ! BOUGE DE MA FENÊTRE, SALE MIGRANT !!! T’es moche, tu pues et t’as un accent de merde, ok ? Ça t’a pas suffi, peut-être, que ta note de chirurgie esthétique nous ait quasiment mis sur la paille, que tu reviens voler le pain des Froncés ? T’es pas gêné, mon salaud !!!

La bienséance m’empêche de retranscrire ici l’intégralité de la bordée d’injures et autres épithètes dépréciatifs que ce pauvre Valentin a dû encaisser de la part de la maîtresse des lieux. À tel point que, blessé dans sa dignité de félin et, pire, dans ses sentiments , il a (au grand soulagement des oiseaux et des poissons du jardin) de nouveau repris sa route solitaire et pensive. Je vous tiens au jus.

PS – cliquer sur la rubrique “graffiti” du bandeau d’accueil pour lire les 3 premiers épisodes de “Chats, chats, chats”

Chats, chats, chats (3)

N’importe quel psy à 2 balles vous le dira : quand on est méchant, c’est qu’on souffre.  Si Valentin s’était montré désagréable à mon égard c’était simplement qu’il venait de perdre l’usage d’une couille (minimum) dans un combat nocturne dont lui seul eût été en mesure de nous préciser les tenants et aboutissants.

Ayant calculé le pendule sanguinolent qui se balançait dans la brise du matin, nous décidâmes que le recours immédiat à un vétérinaire diplômé s’imposait.

– Il est à vous ?

-Non.

-Je reformule ma question : une castration nette et sans bavures de cet être sensible s’avère indispensable autant qu’urgente. Êtes-vous prêts à en assumer les implications financières ?

– Il nous reste 85€ pour finir le mois, docteur.

-Je m’en contenterai.

– …

– … Et si vous pouviez accueillir le patient chez vous pendant les 3 ou 4 jours qui suivront mon intervention…

– …

Les 3 ou 4 jours ont passé. Puis une semaine. Puis deux, trois…

Voici près d’un mois que Valentin, âge : 1 an (d’après le véto), très affectueux (disons collant)

…autant qu’ imprévisible (disons carrément bipolaire), affamé en permanence (une bassine de croquettes 3 fois/jour + quelques  kilos de pâtée industrielle le soir )et chieur en conséquence (les 4 pattes dans la litière et le caca – une pu-an-teur – à côté) squatte mon bocal.

Car Greffier refuse toujours de lui céder le moindre cm2 de son espace-à-vivre (le reste de la maison).

 

(à suivre) (mais pour l’instant la situation semble figée)