Hippocampe twiste ♫

J’en parlais encore hier avec Hephaestus et Franck-Yvon. Écrire un bouquin c’est du labeur. J’ai bien dû relire une dizaine de fois Hippocampe et, à chaque relecture, trouver matière à correction. Quand c’est pas une bonne grosse faute d’orthographe, c’est une répétition. Ou une lourdeur de style. De ce côté-là, avec le personnage de Marcel-le-Nobel, j’ai exorcisé mes démons, haha.

Bon mais voilà, tôt ou tard vient le moment où l’écriveur prend conscience que la perfection est pas de ce monde, jette l’éponge de sa quête d’absolu et, pressé par ses créanciers, se convainc de publier son écrivage avec ses qualités et ses défauts.

À ce stade, du temps des bouquins en carton, il était pas au bout de ses peines, l’écriveur. Le gang de la proxénédition l’attendait au coin du bois pour lui expliquer que sans eux, point de salut. À moins d’être pote avec un bûcheron qui connût une usine à papier gratos qui le branchât sur un imprimeur bénévole qui persuadât un routier sympât (j’avais un ât en rab, j’allais pas le laisser perdre) de prendre sur ses we et son gasoil pour faire la tournée des libraires essentiels mon mari, l’écriveur il pouvait toujours se torcher le fion avec son écrivage.

Alors résigné il s’en allait, l’écriveur, titubant de fatigue, d’émotion et d’1 ou 2 blancs-cass récupérateurs au Bar de la Poste, dûment affranchir, sous le regard sévère de la postière indifférente ou pire, l’enveloppe de papier kraft enceinte de son écrivage, l’enveloppe collée à la sueur de son front et tamponnée à cheval sur le rabat, un truc pour économiser les frais de dépôt à la Proxociété des Gens de Lettres (ou pas, toujours la même question).

Après ça l’écriveur il en avait pour des mois à se ronger les ongles, puis les premières phalanges, puis les poings, les plus prévoyants se gardaient un index pour se tirer une balle (demandez à John Kennedy Toole ) tant étaient rares les proxénéditeurs qui daignaient répondre. Presque toujours pour souhaiter à l’écriveur bonne chance auprès de leurs collègues. Fallait surtout pas qu’il se décourage, l’écriveur, c’était super son écrivage mais non, eux, comment dire, ils “avaient pas eu le coup de cœur” (le coup de cœur ! les tarlouzes !).

Puis ce fut le 21ème siècle et les cellulo maquereaux commencèrent à faire grise mine.

Et, un à un, aller se faire enculer.

The ebook was born.

Depuis c’est le boxon. N’importe quel mytho numérisé se bombarde écriveur de sa mère et la littérature mondiale compte autant de Shakespeare dans leur teutê que les réseaux sociaux de gros niqueurs et de grosses niqueuses analphabètes ( = énormément). Et Tout le monde s’en branle et vous savez pourquoi ? Parce que « le bien, le mal, tout ça lui est bien négal ♫ » à Tout le monde. Tout le monde il sait bien que le bon, le mauvais, le laid, le beau, le naze, le génial, contrairement au pognon que ces adjectifs aléatoires permettent parfois (à ce qu’on m’a raconté) de se mettre dans les fouilles, ça existe pas plus en écrivage qu’en musicage ou en peinturation. Si c’était le cas, Tout le monde il le saurait et là on serait mal, patron.

Tout ça pour dire qu’« Hippocampe Twist » (ou « Hippocampe Twist »  ou « Hippocampe Twist » ou « Hippocampe Twist » ou encore 200 librairies on line) est sorti du néant le 17 de ce mois de mars 2021 de toutes les confinations du branlo-zozotteur de sa raie publique et que dès lors il est grand temps de se payer une liseuse, ma petite dame et mon bon monsieur. Aux cèlzéceux que c’est déjà fait il en coûtera 3,49€ (sur lesquels il me restera 2€ avant impôt, c’est toujours mieux que les 10% maxi des proxénéditeurs d’avant the ebook) pour passer un putain de bon moment. Satisfait ou remboursé par les potes, je vous communiquerai l’adresse de leur mère en message privé. Salut, ici c’était Franck.