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Aux chiottes le monde d’après

 

Sur fyr on leur en veut pas aux Italiens de nous avoir refilé la grippe de la mort qui tue. Qu’est-ce que c’est que 30 000 macchabées, quand, chaque seconde, 35 animaux sont torturés à mort dans nos joyeux abattoirs gaullistes de droite et de gauche ?  Bref on leur en veut tellement pas aux Ripalous que Solfège Pirate sort une version italiano qui sent bon les spaghetti et la mozzarella.

Sinon vous pouvez recommencer à dormir sur vos deux noreilles, amis nécrophages.  Votre monde d’après est bien toujours aussi dégueu et suicidaire que celui d’avant. Tous les ingrédients d’un bon petit enfer juchréman quotidien sont prêts à recuire. Torture animale (voir plus haut), racisme, obsessions productivistes débouchant direct sur les choux de plus en plus gras d’une poignée d’enculés de moins en moins nombreux et la misère d’un bon paquet avec, au milieu, le ventre mou tremblotant de peur du lendemain de la plupart. Un ventre mou qui a retrouvé le chemin des bars et des restos à condition de respecter une saine « distanciation physique » masquée et hydro alcoolisée à souhait.  Un ventre mou qui, chômedu ou pas chômedu, recommence à péter de toutes ses entrailles malodorantes. En région parisienne, les émissions de gaz cancérigènes liées au trafic routier sont remontées à 90% de leur niveau pré covid.

Moralité, on était mieux confinés dans les chiottes à bouquiner « L’arrière-cour des miracles » (ou “L’arrière-cour des miracles“) sur nos liseuses (ou nos Kindle). La liseuse, le support littéraire du futur, n’en déplaise aux librairies antédiluviennes en faillite et leur clientèle d’accros à la cellulose, toujours bien décidés à nous faire crever de soif (il faut 14 litres de flotte pour fabriquer un bouquin papier) dans un désert sans arbres.

En parlant de crever de soif, ce serait pas l’heure de l’apéro, des fois ?

Heffi Grecker, sa vie, son œuvre

– Yo Heffi, ça déconfine comme tu veux ?

– Tranquille. Conardo ou pas, je lâche mes 1000 signes par jour, un doigt de jardinage,  apéro à 19 heures. La routine, y a que ça.

– Dis-donc, j’ai lu quelque part que tu misais sur l’intelligence des lecteurs.  C’est pas un pari un peu risqué, gros ?

– Tout dépend du montant de la mise, gros. Et puis, écrire pour des buses, c’est pas un karma.  Je raconte mes salades à ma sauce et roule, ma poule. Et ma sauce, c’est pour les fines gueules, pas les shootés à la rillette du Mans addictive ou au foie gras de canard  glaçant. Même maison, cuisiné par mamie Facebook pendant que papy joue à Age of Empires 12 en gardant un œil attentif sur les petits enfants.

– J’avoue. Ta sauce  c’est pas la soupe maniaco dépressive  servie à la pelleteuse par la proxénédition de masse.

– Cette fois encore, je te laisse l’entière responsabilité de tes propos, gros. Je répète simplement (et poliment) que  vu de ma fenêtre, un polar – d’ailleurs  cette appellation est un peu  galvaudée, je propose de réhabiliter le « roman d’aventures policières», au prix qu’est le mot en ces temps abrégés on va dire « rolar » – a le droit de générer chez la personne qui le lit autre chose que le mal-être, l’angoisse, l’insomnie ou, chez les déviants sexuels, une forte démangeaison à l’entrecuisses.

– T’as des noms de keums qui voient pas les choses commaces ?

– Quelques uns mais compte pas sur moi pour balancer. Sont suffisamment dans la misère comme ça, les malheureux.

– Because le conardo, tu veux dire ? Sûr que les salons littéraires, pour cet été c’est plié.  Dédicaces putassières et gestes barrière, à part la rime…

– Cela dit, une bonne vieille pandémie, statistiquement, ça a toujours stimulé sa race. Sophocle, Boccace, London, Camus, Giono, Garcia Marquez, King… Même Hervé Bazin ou Le Clézio sont allés un jour ou l’autre chercher leur inspiration chez les pestiférés.  Alors  les poulains à trois pattes des proxos de la cellulose, t’imagines comment ils vont se précipiter. La rentrée va être chaude.

– Bernard, Franck, Maxime, toussa ?

– Je te répète que poucaver c’est pas dans mes gènes. Ah j’allais oublier…

–  Quoi ?

– Aujourd’hui c’est toi qui rinces.

 

L’arrière-cour des miracles

 

 

Demain, mon 3ème Bongarçon devrait être lâché. Comme un bateau en papier dans le caniveau.  Un Titanic de plus à ma collec. Comme à chaque baptême, à chaque naufrage en puissance, je me sens bien. Prêt à me faire jeter. Confiant à l’envers dans les goûts de chiottes d’un public décérébré par nécessité. Il m’a tout fait ce public de merde. Je ne m’en lasse pas. La preuve, j’ai encore investi 75€ dans l’affaire. Qu’est-ce qu’il va dire cette fois, ce cher public ? Rien. Comme d’hab’. Il va se gratter le front et zapper direct sur Netflix.

Au moins maintenant je fais plus dans le sonore. J’aurai pas droit à des trucs genre « I’ sait pas chanter, le mec… Il se drogue ? C’est pas du rock ! …On comprend rien aux paroles… t’tes façons les paroles on s’en branle … On dirait Mickey 3D qu’aurait fumé les doubles-rideaux de ma grand-mère… C’est pas mon truc… Rendez nous Led Zep ! Ah AC/DC, ça c’était d’la zik ! Metallicaca dans sa culotte et tout… Ou alors, en France, en se pinçant le nez, Bachougne à la rigueur ou Hubert Félix Thiéfaine ou l’autre Breton qu’a fait des chansons pour Johnny… Mais, merde, pas Franck Richard ! Ce louzeur ! (« looser » avec 2 O comme avait écrit je sais plus qui)… etc… etc…”

Non,depuis une dizaine d’années, pas con, j’ouvre plus ma gueule. J’écris des mots muets. Sur franckyvonrichard.com. J’écris des trucs et des machins muets. J’ai même pondu un essai sur ce que j’appelle le « Juchrémanisme ». C’est gratos et, même muet, ça peut servir aux générations futures.

J’ai aussi pondu un solfège pour les enfants. Gratos toujours. Ça aussi ça peut servir.

Mais demain, c’est un truc muet qui sert à rien qui va descendre la ruelle, le long du trottoir des travelos qui rentrent se coucher, entre les glaires du petit matin et les trop-pleins des bennes à ordures. Ça s’appelle « L’arrière-cour des miracles ».

C’est un bon petit polar bien cool. Je vous en reparlerai.

Bonne nuit, tout le monde.

Scoops de Franck, toujours prêts

Aux fidèles de franckyvonrichard.com, j’adresse mes regrets de les avoir si honteusement négligés pendant si longtemps.

J’ai des excuses et c’est là que je place mon premier scoop : on me croyait atteint de schizophrénie galopante. Étais-je Franck « Titanic » Richard ou Franck-Yvon « Les Aventures de Moïse » Richard ? Mais l’un et l’autre, bien sûr ! Sauf que, dorénavant, nous sommes 3. 3 bons vieux trizophrènes.

Car voici que, par-dessus les 2 autres, j’endosse  avec humilité et componction le costard d’auteur de polars. Bienvenue à bord, Heffi boy !

Heffi « Greffe générale »/ « Loser au menu » Grecker.

Un Heffi  qui a la joie de vous annoncer – 2nd scoop, et pas le moindre -la parution imminente (début janvier 2020) de son troisième opus. Stay tuned !