Archives de catégorie : Graffiti

– fiction, pohaizie etc….

Heffi Grecker, interview exclusive en temps réel

Fyr – Salut Hephaestus, t’es tout bronzé de partout, ma parole !

Heffi – Mince,  à tous les coups j’ai encore oublié de remettre mon slip.

Fyr – Pas grave, au départ on est ici pour causer de ton dernier Bongarçon, pas pour s’enculer.  Comme d’hab, t’as fait l’impasse sur les éditeurs ?

Heffi – Les proxos ? C’est bon j’ai donné une fois, on va s’en tenir là si ça vous dérange pas.

Fyr – Hem, of course. Les pousse-au-crime de Mernard Binier et autres Chatteman, c’est pas le genre de la maison anyway.

Heffi – Sinon t’as pas un coup à boire ?

Fyr – C’est à dire qu’on a eu du monde hier. Léo est passé fêter un truc. Reste un fond de liqueur d’angélique. Une pote à nous qui nous envoie ça de la Mayenne.

Heffi – Vas-y, fais péter.

Fyr – Alors ?

Heffi – Sympa. Ça se boit comme du petit laid.

Fyr – Du macron, genre ?

Heffi – Du what ?

Fyr – Rin, un pédent de la raie publique qui cartonne sur Béhèfème pour quelques semaines encore… Sinon, ta mouche dans le potage, c’est vraiment quelque chose. Ici on est fan.

Heffi – Vous êtes combien ? Je veux dire ça donne quoi multiplié par 3,49€ ?

Fyr – Hem, je te ressers une lichette ?

 

Propos recueillis le vendredi 13 août à 22.23 h au sortir des toilettes sèches de franckyvonrichard.com

c’était pleine lune hier soir

Hier soir c’était pleine lune. Conjugué à la poussée d’analectoralite aigüe qui ces temps-ci enflamme (dans ses rêves) ses territoires perdus, la Raie Publique Phronçaise défendait chèrement sa première place du groupe F face à la bande à Ronaldo.

À quelques minutes de la fin des hostilités, alors que sur l’écran de ma TNT un barbu enshorté se roulait une dernière fois dans les glaires de ses collègues, mon chat qui venait pourtant de copieusement garnir sa litière demanda à sortir. Malgré l’heure tardive, son instinct guerrier exigeait la conduite immédiate d’une ratonnade en bonne et due forme. J’obtempérai en prévisualisant, attristé, le minuscule cadavre martyrisé  qui, effectivement, m’attendait ce matin sur le pas de la porte.

J’ai pensé devoir vous en parler.

La Shoah des Animaux*

La Shoah c’est tous les jours.

Tous les jours la Shoah des Animaux.

Le camion arrive. On pousse les vaches à l’intérieur du camion. Les veaux.

Le camion arrive. On pousse les cochons à l’intérieur du camion.

Veaux, vaches, cochons,

couvées à demi déplumées, écorchées par leurs cages.

Veaux, vaches, cochons, couvées qui s’entassent,

se piétinent, s’encornent,

se chient dessus. De trouille le plus souvent.

Sur l’autoroute on les double, les camions.

Les camions et leur cargaison de martyrs de la bouffe en train de se piétiner,

s’encorner. Se chier dessus. De trouille le plus souvent. On détourne le regard.

Plus ils approchent du camp d’extermination, plus l’angoisse des martyrs de la bouffe est palpable,

plus intense leur souffrance.

Plus présente à leurs narines est l’odeur de leur mort. On détourne le regard.

La Shoah c’est tous les jours.

Tous les jours la Shoah des Animaux.

L’envie d’écrire*

 

Me concernant, l’envie d’écrire des bouquins est pas un quart de seconde à rapporter à l’envie d’être lu. Si la première me fait asseoir tous les matins à la machine à mots, la seconde se contente de m’effleurer, les matins où l’envie d’écrire se fait tirer la plume.

Dans le même ordre d’idées mais une autre vie, mon envie d’écrire des chansons (doublée de celle de les chanter) devenue peu à peu réelle (lire Hippocampe Twist) supposait en rien l’envie d’être écouté. L’envie d’être écouté (d’être rassuré) se faisait sentir uniquement quand j’arrivais pas à composer de nouveaux machins  (chanter de nouveaux trucs)*.

Je simplifie : avec mézigue le besoin d’un public pointe son museau péteux pile quand je flippe de  plus rien avoir à lui dire, à ce cher public.  Allez bâtir une carrière là-dessus !

Sinon, pour ceux qui en ont quelque chose à carrer, le 4ème Bongarçon devrait être téléchargeable d’ici une poignée de semaines.

* dans l’autre vie que je vous cause, j’avais aussi surtout besoin de la THUNE du public. Heureusement, grâce aux leçons de morale artistique de mes proxos j’avais rapidement tilté que le vrai artiste a pas de loyer à payer et qu’il trouvera toujours un pote pour le nourrir. Qu’un pur artiste se doit de rester pauvre. Mais ça c’est une autre histoire. Une suite à Hippocampe Twist ? Va savoir.

fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous ♫

 

La vieille chose descendit de l’avion sous le crépitement des flashes des pipelettes en érection scoopistique. La dernière otage phronçaise était libre !

Bordel, le zozotteur national pouvait pas louper une occasion pareille de faire sa pub ! Il s’approcha et, à travers son slip sanitaire de rigueur, s’efforça d’engager la conversation.

– Alors, Sophie, heureuse ? Vous savez que la Phronce et mézigue on a fait le maximum pour vous arracher aux griffes de ces méchants djihadisses. Ils vous ont pas violée au moins ?

– Si seulement ! Et pis d’abord je m’appelle Mériem, mon petit gars. Et c’est pas des djihadisses ! C’est des hommes comme toi et moi.  Comme moi, disons. En parlant de pédés, il est où mon fiston que j’aime ?

– M’man ! M’man ! Je suis là ! Il est là, ton grand garçon que tu le préfères à les autres bâtards de ta famille ingrate qu’ils ont rin fait pour te sortir des griffes des djihadisses !

– Allons, mon grand, comme je viens de dire au zozotteur national, ce sont pas des djihadisses ! Ce sont des hommes comme toi et… Heu comme moi. Et arrête de pleurnicher. Va plutôt boire un coup avec ton père pendant que je me fais un raccord. Avec ce vent, j’arrête pas de larguer ma serpillère. Heu, mon chtador…

– Ton chtador, m’man ?

– Mon nid de jabes, quoi… Mon voile si tu préfères. Un super plan que j’ai appris là-bas, dans le désert. C’est pour pas que les hommes ils s’excitent sur mes poils de tête, ces obsédés.  Tel que je le connais, après 5 ans d’abstinence, ton père est bin cap de me sauter dessus sans me demander mon avis. T’aurais pas une pince à linge sur toi ?

Les histoires de famille, le zozotteur national a déjà donné plus que sa part. Comprenant que c’est ni le lieu, ni l’heure de faire le cagou, il se retire sur la pointe des mocassins. Reste plus qu’à croiser les doigts pour que le covid-19… Elle a quel âge Soph… Mériem déjà ?