Dette, mafia et langue de bois

Extrait d’ « Homo juchrémanensis », III, 2 :  « Comme sa forme le suggère, notre cerveau est une éponge. Trempons-le dans une savante mixture de péché originel aromatisé à la peur du lendemain, le tout généreusement nappé de rédemption possible si domination de principe exercée sur l’ « étranger », source de tous nos maux, nous obtenons des guerres de conquêtes à n’en plus finir …accompagnées de « crises  économiques » ! D’aucuns ont baptisé celle que la Juchrémanie traverse aujourd’hui « crise de la dette », nous obligeant à recourir une fois encore à la sémantique :

1) Crise :

Depuis le temps que durent – et s’accentuent – les problèmes financiers de nos sociétés préhistoriques post modernes, comment pourraient-ils correspondre aux définitions données par les dictionnaires au mot « crise », qui tournent toutes autour d’un « changement subit », une « manifestation soudaine », un « accès bref et violent » ?

2) Dette :

Toujours selon les dictionnaires, le mot « dette » introduit une notion d’ « obligation morale ». Quelle sombre jurisprudence nous amènerait à faire de la victime d’une situation de fait l’ « obligée » des responsables de ladite situation ? Des responsables qui, par-dessus le marché (ou par-dessous ?) souhaitent rester anonymes ? »

FYR a voulu en savoir plus sur l’anonymat des prêteurs, d’où, ci-après, ce bref échange avec «  Copilot », l’ IA bien connue des utilisateurs de  Windows (transcription à la virgule près d’un superbe solo de langue de bois du serpent qui se mord la queue, les passages en caractères gras sont d’origine également) :

FYR — Connaît-on les noms des gens qui prêtent à l’État ?

COPILOT— Non, on ne connaît pas les noms individuels des personnes ou entités qui prêtent directement à l’État français. Les emprunts publics sont réalisés sur les marchés financiers, via des instruments comme les Obligations Assimilables du Trésor (OAT). Voici qui se cache derrière ces prêteurs :

1/ Investisseurs institutionnels

Se sont les principaux acteurs de la dette française :

  • Banques centrales (comme la BCE)
  • Fons de pension
  • Assureurs
  • Banques commerciales
  • Fonds d’investissement (hedge funds, fonds souverains…)

Ils achètent des titres de dette pour sécuriser leurs portefeuilles ou obtenir des rendements stables.

2/ Investisseurs étrangers

Environ la moitié de la dette française est détenue par des non-résidents :

  • États étrangers (via leurs fonds souverains)
  • Institutions financières internationales

Fonds privés basés à Londres, New York, Tokyo, etc…

3/ Épargnants individuels (indirectement)

Même si les particuliers ne prêtent pas directement à l’État, ils le font indirectement :

  • Via leur assurance-vie
  • Leurs fonds de placement
  • Leurs banques, qui achètent des OAT avec l’argent déposé

Pourquoi les noms ne sont pas publics ?

  • Les titres de dette sont négociés librement sur les marchés secondaires
  • Les acteurs changent régulièrement.
  • Les transactions sont anonymes et agrégées, donc aucun registre nominatif n’est publié.

Est-ce légal ?

Oui cet anonymat est parfaitement légal, et même structurant pour le bon fonctionnement des marchés :

  • Le droit européen et français n’exige pas la publication des noms des détenteurs de dette publique.
  • Les OAT sont des titres fongibles, négociés librement : leur détention est privée, sauf dans des cas très spécifiques ( ex : transparence des fonds publics).
  • Les autorités (Banque de France, AFT) publient des statistiques agrégées, mais jamais de données nominatives.

En résumé, l’anonymat des prêteurs est une condition de liquidité, de neutralité et de sécurité sur les marchés. Mais cela soulève aussi des questions de transparence démocratique, surtout quand la dette devient un enjeu économique majeur.

Si tu veux, je peux te montrer comment certains pays tentent d’améliorer la transparence sans nuire à la stabilité financière.

FYR  — Une autre fois, merci. C’est bizarre mais ces pratiques sont un peu les mêmes que celles de la mafia (blanchiment d’argent sale). 

COPILOT — Tu touches là une critique que certains économistes et citoyens formulent depuis longtemps : l’opacité des marchés financiers peut parfois ressembler à des mécanismes de dissimulation. Mais il faut bien distinguer deux choses :

Ce qui ressemble à la mafia…

  • L’anonymat, la complexité des marchés financiers, et l’absence de traçabilité directe peuvent évoquer des pratiques de blanchiment ou d’évasion fiscale.

Certains fonds ou acteurs peu scrupuleux profitent de cette opacité pour dissimuler des flux douteux — c’est une réalité que les régulateurs tentent de combattre.

Ce qui est légal et institutionnel

  • Les marchés obligataires sont régulés, surveillés par des autorités comme l’AMF en France ou la BCE en Europe.
  • Les États empruntent via des mécanismes transparents sur le plan macroéconomique, même si les identités individuelles des prêteurs ne sont pas publiées.
  • Ce système repose sur la confiance, la liquidité et la neutralité, pas sur la dissimulation.

Le vrai enjeu : la transparence démocratique

  • Ce qui dérange, ce n’est pas tant que l’État emprunte, mais que les citoyens ne sachent pas à qui ils doivent.
  • D’où les appels à plus de transparence sur les flux financiers, les bénéficiaires réels, et les conditions de financement

Donc oui, il y a des zones grises qui méritent d’être éclairées. Mais comparer l’ensemble du système à la mafia serait un raccourci — même si ta remarque soulève un vrai débat sur la moralité et la responsabilité des acteurs financiers.

Si jamais tu veux creuser le sujet du blanchiment ou des paradis fiscaux, je suis partant. C’est un terrain fascinant.

(fin de l’échange)

Une autre fois, peut-être m’en irai-je creuser avec Copilot le « terrain fascinant » du « blanchiment ou des paradis fiscaux ». Pour aujourd’hui je m’en tiendrai à la question tout aussi fascinante de l’anonymat « parfaitement légal » des « détenteurs de dette publique ». Question qui en amène une autre, non moins fascinante, posée dans « Homo juchrémanensis », III, 2, toujours :

« …Jusques à quand va-t-on continuer à regarder, impuissants, ces GPA (Gentils Prêteurs Anonymes) se mettre en quatre pour nous faciliter l’accès aux rivages radieux du bonheur à crédit ? Formulé autrement, jusques à quand va-t-on les laisser, par leur sacrifice inspirant, miner un circuit économique qui, si on s’en tient aux cogitations d’Aristote, a tout à perdre à faire de sa monnaie un bien de consommation ?

[…]  Le commerce de l’argent, éminemment lucratif pour ceux qui le pratiquent (en douce autant que faire se peut), ne produit pour la société à laquelle ils appartiennent aucun bien susceptible de répondre à ses besoins fondamentaux, au contraire ! Le pauvre Aristote s’arracherait les cheveux s’il apprenait qu’au cours des trente dernières années, la masse des biens réels des sociétés de type « capitaliste » n’a fait que quadrupler, alors que leur masse monétaire a été multipliée par quarante !

La raison en est que nos GPA, tournant en rond dans leur bulle autistique, amassant un peu plus de crottes de nez [lire Hj pour comprendre] à chaque tour, ne génèrent aucune nouvelles ressources, pourtant indispensables à la survie de leurs congénères …et à la leur ! Trouvent-ils une forme de consolation dans le fait qu’ils seront les derniers à subir les conséquences de leur avidité suicidaire ? « Après nous, le déluge » ? En attendant, avec l’argent amassé en prêtant à intérêt, ils se contentent de faire main basse sur les « richesses » réelles existantes (sources d’énergie, métaux nécessaires à l’industrie, semences pour l’agriculture, EAU…) avant de les revendre (à crédit, si possible !) 10, 20 ou 30% plus cher …à leur propriétaires! »

Vous êtes mignon(ne)s les Juchréman(e)s mais si vous lisiez « Homo juchrémanensis », ça m’éviterait d’avoir à radoter alors que j’ai tant à faire avec l’écriture de mes romans et surtout, le soir, vous iriez vous coucher un peu moins ignorant(e)s sur le jeu de dupes auquel vous vous adonnez quotidiennement et l’origine divine de ses règles.

Bisous.

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