Archives par mot-clé : dictionnaire

Les mots de l’info

En attendant la 2ème phase (dite « Godot ») du « plan de paix » trumpien, l’ ixième phase du plan de génocide du peuple palestinien, savoir la prochaine interdiction d’exercer infligée à 37 organisations humanitaires chargées de rattraper comme elles peuvent les atrocités commises par l’armée israélienne pendant deux ans à Gaza et en Cisjordanie, a été annoncée par un certain « ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme ».

Nous ne le répèterons jamais assez, semble-t-il * : non content de s’approprier les biens et les terres des habitants d’un état reconnu par la quasi-totalité de la communauté internationale, le gouvernement israélien détourne à son seul profit l’adjectif « sémite » qui, étymologiquement, s’applique aux Palestiniens autant qu’aux Israéliens.

Non content de rayer purement et simplement deux millions de personnes de la carte du monde, Israël leur dénie jusqu’à leur identité ethnique.

Je m’adresse ici aux journalistes français, papier, web, audio (Libération, Le Monde, France Info, BFM, RTL, Le Figaro, Ouest France, Les Echos, Médiapart, La Dépêche, l’Humanité, etc… etc…. tous, en fait !) ou étrangers, qui s’évertuent (allez savoir pourquoi) à entériner un déni de patrimoine génétique touchant des centaines de millions d’individus (les Palestiniens n’étant évidemment pas le seul peuple sémite à subir les conséquences de ce procédé parfaitement ignoble) :

En ces temps bénis d’infox, fake news, deep fakes et autres manipulations médiatiques, il convient plus que jamais, à tout journaliste qui se respecte, de réfléchir sérieusement aux tenants et aboutissants de ce pourquoi il perçoit un salaire pas toujours négligeable : la transmission d’une info vraie, étayée et, par-dessus tout—messieurs Larousse et Robert ne contrediront pas pareille évidence—respectant scrupuleusement la sémantique des termes employés.

 

* lire ici (2014) ou   (2025)

eau my god !

Décidément, cette putain de flotte – tellement bienvenue dans le pastis, un peu moins dans les caves, voire les rez-de-chaussée ravagés par les crues – semble poser de graves problèmes existentiels à nos fiers journalistes. Lesquels ont pourtant d’autres soucis en tête « aujÔrd’hui » comme ils disent. Savoir : flatter outrageusement le chauvinisme maladif de leurs compatriotes, en parallèle à un étouffement généralisé de toute vie politique – les ordres sont les ordres.

Mais revenons à l’eau. Après avoir été « liquide », au mépris de toutes les définitions recensées dans les dictionnaires ( lire ici « eau liquide et solides conneries » ),  la voici « baignable »  ou pas. Ainsi, grâce aux Jeux Olympaques (pas pu résister), après Claire Michel nous nous voyons confirmer que se baigner dans une eau non « baignable » « peut potentiellement » ( un must  radio télévisuel ) se révéler « dommageable » (idem) pour la santé.

Hé les pipelettes incultes, qu’il soit bien clair (à la différence de la Seine à Paris) que la particule  « able » est un « suffixe formateur d’adjectifs à partir de verbes transitifs directs et exprimant la possibilité passive (« que l’on peut » + infinitif) »* . Exemples : « respecter » donne « respectable » et signifie « que l’on peut respecter » ( adjectif qui ne s’applique que très très rarement aux média), « avouer » => « avouable », « désirer » => « désirable », « critiquer » => « critiquable », « redouter » => « redoutable », etc… etc…

C’est donc complètement con (et laid) de dire que quelque chose est « dommageable », (verbe « dommager » ?) mais quand on en arrive à l’« eau baignable » ( = une eau que l’on peut baigner ???), l’auditeur est en droit d’exiger des dommages et intérêts pour son oreille écorchée pire que celle d’âne bâté (malgré son prénom de canard) d’un gros cinglé bien connu outre Atlantique.

Au passage, les cèlzéceux qui causent dans le poste, plutôt que « ramener » vos breloques merdeuses « à la maison » (ça aussi c’est gratiné comme racolage débile), si vous pouviez vous contenter de les « rapporter », on y gagnerait – sinon en fouillis sur les étagères – un semblant de parler correct.

 

 *  Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales