Archives mensuelles : décembre 2025

Noël et tout ça

Alors les Juchréman(e)s (tendance « on est chez nous ») ? C’est le grand soir, ce soir ! Des foies cirrhotiques comme s’il en pleuvait ! Caviar chinois à volonté ! Saumon frais pêché dans son bassin d’élevage surpeuplé pire que les prisons phroncées ! Barbaque ultra sophistiquée en direct de la Shoah des Animaux quotidienne, laïque et obligatoire. Allez une pensée émue pour les infortunées créatures que la dermatose nodulaire aura privé du bonheur de finir dépecées dans nos assiettes après un chouette stage dans les camps de la mort offert par leurs nourrisseurs qui les aiment tant. En vous souhaitant un Joyeux Noël et tout ça et un lendemain qui chante autre chose que le grand air du Vomito Sacré en tête-à-tête amoureux avec la cuvette des chiottes.

Mon cadeau ? Un maxi extrait de B. comme Bongarçon. Là aussi ça se passe aux environs de Nono↓

Comme le nom le suggérait, Montgentil, bourgade de 5000 âmes, chevauchait un mamelon timide et flasque, duquel les constructions nouvelles dégoulinaient jusqu’à la bretelle de l’autoroute. La nuit était déjà bien installée et les volets des habitations prudemment verrouillés. Les essuie-glaces de l’Audi flemmardaient en vitesse minimum. B. suivit la rue principale jusqu’au centre-ville, dépassant quelques piétons recrachés par le RER, étonnamment pressés de regagner leurs biotopes merdiques, leur biocénose ingrate. Sur le parking de la gare, il réussit à s’imiscer entre deux tilleuls dont les racines exsangues crevaient le bitume dans leur quête d’un petit coup à boire. À sa descente de voiture, le crachin polaire ne lui donna pas envie de s’attarder devant les quelques devantures de commerces encore éclairées. Le salon de coiffure « Évolu’ Tif » jetait l’éponge pour aujourd’hui. La shampouineuse chargée de baisser le rideau lui adressa un sourire compatissant. Il le lui rendit avec la même sincérité et fit route vers L’Arrivée, un bar-tabac-PMU où la vie du bled semblait s’être réfugiée. À travers le chariot céleste chargé de paquets enrubannés et ses rennes mutants qui occultaient la vitre, Brieuc distingua un zinc auquel quelques assoiffés s’accrochaient encore. Il poussa la porte.

– ‘Soir ! Pas chaud, hein ? » Le patron avait de la conversation, c’était bon signe.

– Comme vous dites. En même temps, on va pas se plaindre que l’hiver commence à ressembler à un hiver. La flotte, ça va bien un moment…» L’étranger, lui aussi, connaissait son répertoire de bistrot.

Le petit vieux à casquette hocha la tête en connaisseur et s’écarta pour lui faire une place à l’abreuvoir : « Quand je pense que dans le temps à Montgentil, à Noël on avait presque toujours de la neige. Je me souviens, on allait faire de la luge derrière l’église, du côté où ça descend bien raide. Tu vois où je veux dire, Jean-François ?

– Très bien. Même qu’ arrivé en bas, d’un seul coup ça devient tout plat. Sinon, ils auraient pas pu construire le terrain de foot. Qu’est-ce que je vous sers, m’sieur ?

– Un grand chocolat, s’il vous plaît.

La commande sembla décevoir le petit vieux. Il regarda pensivement son ballon de beaujo presque vide. « Tiens et quand t’auras servi le monsieur, moi tu me remettras la même chose, Jean-François. Chacun sa technique de chauffe, ha ha !

– Haha ! » admit l’étranger, «…C’est pas que j’aie fait vœu d’abstinence mais boire ou conduire, comme ils disent à la télé… Trois points, c’est vite perdu, par les temps qui courent. » La bonne humeur de Bongarçon était à peine feinte. De lui-même, le loufiat avait abordé le sujet qui l’amenait dans le coin. Y avait plus qu’à rebondir : « Le terrain de foot ? Marrant, j’allais justement vous demander comment on va au stade « Joseph Ujlaki », en voiture.

– Rien de plus simple. Comme dit monsieur Raymond, suffit de prendre à droite après la basilique, là-haut… Et d’avoir de bons freins ! Mais, ce soir, à mon avis, y a pas d’entraînement.

– La « trêve des confiseurs » qu’ils appellent ça, à la télé ! La trêve des branleurs, oui ! » Le somnolent du bout du zinc reprenait du service, « …Quand tu vois ce qu’ils se mettent dans les fouilles, ces tarlouzes ! N’importe qui peut enfiler un short trop grand, se teindre en blond platine et crier au viol dès qu’il perd le ballon ! Combien il ramasse le Neymar, déjà ? Quelque chose comme trois patates par mois, je crois bien ! Sans les primes ! …Sans les primes, t’imagines !!!

– Calme ta joie, Seb ! Le jour où Gilles-William tournera à trois briques…

– Manquerait plus que ça ! Il a encore pas trop fait d’ étincelles, hier, l’avant-centre de l’AS ! …À ce qu’on m’a raconté parce que moi j’y vais plus, au match. Je préfère autant rester au chaud devant ma télé.

– Oui eh bien moi j’y étais, hier ! Et j’ai pas regretté ! » Le gazier au look « clerc de notaire en pré-retraite » qui jusqu’alors n’avait pas levé les lunettes de son Tiercé Magazine venait de faire entendre sa voix de crécelle. B. dressa l’oreille.

-…Non pas que le match en lui-même ait valu le déplacement. À mon avis, tant qu’on aura pas changé d’entraîneur mais ça c’est mon avis… Bref, on s’était  fait surclasser bien comme il faut pendant toute la partie et Marches-Brazay allait ramasser ses trois points tranquillou quand le petit niakoué qui joue à l’aile droite chez nous, comment il s’appelle déjà…

– Joseph ? Il est pas vietnamien, il est de la Guadeloupe, je crois bien. Ou de la Réunion, je sais plus… », intervient le petit vieux  à casquette .

– J’ai jamais dit qu’il était vietnamien !

– Ah je regrette ! T’as dit « le niakoué ». À l’origine, les niakoués c’est des jaunes ! Si t’avais fait l’Indochine, tu le saurais ! Pas vrai Jean-François ?

Pris de court, le patron se masse le menton, embarrassé pour répondre. « Bah, niakoué, bougnoule, mal blanchi, on se comprend. Français d’adoption, quoi…» Il gratifie l’étranger d’un sourire mi-figue, mi-raisin. Il ne tient pas à perdre un client connement, en passant pour le gros raciste qu’il est. « …Vas-y, Christophe continue ! Elle est marrante ton histoire. J’aime bien comment tu racontes.

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Prothèses antisémites

♫ Over the hills we go

Laughing all the way ♫

Après avoir méticuleusement métastasé la bande de Gaza, le cancer israélien continue ses ravages en Cisjordanie. Le génocide suit son cours « dans une zone qui compte désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde » (source Handicap International ).

Bonne nouvelle pour les rares petits Palestiniens encore entiers et à l’abri de la famine et des épidémies, le père Noël de Libération.fr a délocalisé le « terrorisme » en Australie  :

Remarque : à Libération. fr comme à Médiapart (au hasard) ou partout dans les média financés à un niveau ou un autre par le BMW (BlackRock, Vanguard et consorts) on continue à semer la confusion autour du mot « antisémite »  : « les assaillants antisémites de Sydney », « Le voile [ !] se lève sur les auteurs de l’attentat antisémite en Australie » etc…  On change pas une équipe qui gagne.

Allez on va se remonter le momo avec quelques lignes à base de mots utilisés en accord avec le dictionnaire, pour changer

Maître Boengen-Heurtevent était une caricature de notaire de famille. La soixantaine bien tassée, petit, rondouillard, l’air suspicieux derrière ses lunettes à triple foyer, le profil du gazier à qui on pouvait confier sans états d’âme la bagouze en or blanc de la grand-mère ou les bons du trésor de l’oncle Édouard.  Qu’un commissaire de police vienne traîner ses guêtres dans son étude ne lui plaisait qu’à moitié. Il aurait été en droit de faire caguer et exiger une commission rogatoire, B. en était conscient. Tout à l’heure au téléphone, il avait dû user de tout son charisme pour soutirer un rencard au bonhomme sans avoir à déranger le juge Boulot.

Il était maintenant autour de 14h30 et maître Boengen-Heurtevent revenait du restaurant. La cassolette d’escargots associée aux jolies notes florales et l’attaque souple du Givry qui les avait fait glisser semblaient l’avoir ramené à une conception moins étroite du secret professionnel. Ou, au contraire, le fait que quelqu’un veuille la perte du seul héritier de Mme Descartes, née Peytavin, perturbait-il sa digestion ? Peu importe la raison, le notaire avait décidé de collaborer.

–  Comment va-t-il, monsieur le commissaire ?

– La médecine est optimiste. Et M. Descartes bénéficie dorénavant d’une protection rapprochée.

Le notaire soupira. « Je me suis toujours demandé ce qui pouvait pousser quelqu’un à ôter la vie à une autre personne.

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♫ Supplément dominical ♫

♫ Oh what fun it is to ride in a one horse open sleigh ♫

Vite fait because j’ai du monde à manger ce midi, une carte postale de vacances↑ de Pochtrump à son pote de génocide Bibi, agent immobilier, escroc, tueur en série de femmes et d’enfants, recherché par toutes les polices du monde libre qui savent toutes où il est mais dont la liberté inviolable et sacrée est d’oublier, tout ça c’est du passé. Un portrait robot quand même↓, à distribuer à la sortie de la messe, merci. Bisous.

♫ Car l’Argent est notre dieu ♫

Jingle all the way ♫ Salut les Juchréman(e)s de Noël !

Plein de bonnes nouvelles pour nos maîtres (et pour nous, par le miracle—prouvé scientifiquement—du ruissellement) !

Chez Nous, là d’où qu’on est, nous autres enfants de la patrie phroncée, élevé(e)s en pleins nerfs, à la protéine animale, doubles champion(ne)s du monde de balle-au-pied, éliseurs(euses) de le roi Morveux 75, préféreurs(euses) de le Jon-Jècques Golmène :

  • « Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté, vendredi 19 décembre, la demande « disproportionnée » de l’Etat de suspendre pour trois mois la plateforme Shein qui avait mis en vente des produits interdits » car l’Argent est notre dieu. ♫
  • « Le tribunal de Paris a estimé, vendredi, que le blocage complet de la plateforme Kick serait « une mesure disproportionnée » car l’Argent est notre dieu. ♫
  • « Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, autorise Nestlé Waters à continuer l’exploitation de deux forages de son site de Vergèze, sous le label prestigieux d’« eau minérale naturelle » , bien que les eaux en question, pourtant censées être « pures à la source » , se révèlent régulièrement contaminées par des bactéries potentiellement dangereuses pour la santé humaine » car l’Argent est notre dieu. ♫

« À l’international » comme on dit dans les ♫ média de Noël ♫ :

  • « Les États-Unis ont annoncé des sanctions visant deux juges de la Cour pénale internationale (CPI) ayant récemment voté avec la majorité de la Cour pour rejeter lundi un recours d’Israël visant à mettre fin à une enquête sur des crimes de guerre à Gaza » puisqu’il ne s’est absolument rien passé à Gaza, dont Israël et les États-Unis comptent bien faire la Nouvelle Riviera du Moyen Orient, une fois le génocide mené à son terme, car l’Argent est notre dieu.♫
  • Poutine, parlant des civils ukrainiens privés de Noël pour cause d’être morts sous les bombes : « Nous ne nous considérons pas responsables de la mort des gens, parce que nous n’avons pas commencé cette guerre » qui est une simple « opération spéciale » en vue de récupérer le sous-sol ukrainien bourré de métaux rares, car l’Argent est notre dieu.♫

Debout les Juchréman(e)s, la prière est finite.

Sur l’enfumage commencé il y a 2635 ans et qui trouve aujourd’hui ses conclusions apocalyptiques, entre deux chapters géniaux de B. comme Bongarçon (Amazon KindleFnac ePub), pensez à télécharger Homo juchrémanensis ( EpubKindle), Homo juchremanensis ( KindleEpub) pour les anglophones. C’est bon pour vos neurones de Noël ♫!

 

 

 

Le Soleil de Phuket

Jingle bells, jingle bells ♫  Donc vous sentez venir les migraines, les insomnies, les boyaux en capilotade, la phobie des barbus en rouge et blanc, indissociables de retrouvailles familiales débordantes de bons sentiments, de fiestas entre amis tellement sympathiques et dénuées de toute arrière-pensée ? À fyr on a ce qu’il faut pour vous aider à oublier tout ça, au moins le temps d’un  bon petit weekend de lecture peinard ↓

Laissé seul, B. fait l’inventaire de son environnement immédiat. Là encore si la maison compte mettre la clientèle dans un état propice à la gaudriole, c’est mort. Spartiate est l’adjectif qui vient à l’esprit. Où s’asseoir, ailleurs que sur un des deux tatamis rembourrés noyaux de pêche qui occupent l’espace étroit de la cabine ? Accroché au mur,  un énième Bienheureux grassouillet continue de trouver ça drôle.

Le sourire de la personne qui ne tarde pas à apparaître dans l’embrasure de la porte fait la paire. Pour ceux qui auraient encore des doutes sur ses activités, Madame Bamrungsuk ressemble à tout sauf à une tenancière de bordel. Elle doit bien péter les soixante-dix balais. Grande et mince, madame Bamrungsuk impressionne par la dignité de son port. Surtout vu d’en-bas. Elle accorde à son visiteur un wai à la fois respectueux et distant. B. fait mine de se lever.

– Non non, restez assis, je vous prie. »  Ce disant, c’est la dame qui se pose sur le second tatami avec une souplesse inattendue pour son âge. Avant de croiser les jambes dans un lotus dont la perfection finit d’écœurer Bongarçon, lui qui ne sait déjà plus quoi faire de ses genoux au supplice. « Dites-moi, je vous prie, les raisons qui ont conduit vos pas jusqu’au Singsiang Kasalong. » Les cheveux gris-blancs, en harmonie avec l’ivoire d’un ensemble deux-pièces en soie peinte, contrastent avec le pétant du rouge à lèvres. Le regard châtaigne vous transperce littéralement.

Prenant un air embarrassé qu’il réussit à merveille, B. se risque sur la pointe des tongs : « Voici déjà plusieurs années un ami, intarissable sur les bienfaits de la médecine thaïe, m’a recommandé un salon de la rue Fremaux. M’étant enfin décidé à m’y rendre je viens d’avoir la mauvaise surprise de trouver l’établissement fermé définitivement. Aussi, plutôt que rentrer chez moi…

Les ridules autour des yeux de la dame se creusent imperceptiblement. « Puis-je connaître le nom du salon à vous recommandé par votre ami ?

– Le Soleil de Phuket.

Les lèvres peintes de Mamie Tapaphaipun se crispent un quart de seconde. Mais déjà le sourire monalisien est de retour.  « Oserai-je pousser l’indiscrétion jusqu’à m’enquérir de la nature des prestations que votre ami avait l’habitude de recevoir au Soleil de Phuket ?

 

Extrait de B. comme Bongarçon, F.Y. Richard, 2,69€Amazon KindleFnac ePub