Archives de catégorie : Ecce Homo

– société, politique et autres chats écrasés

Heffi Grecker, sa vie, son œuvre

– Yo Heffi, ça déconfine comme tu veux ?

– Tranquille. Conardo ou pas, je lâche mes 1000 signes par jour, un doigt de jardinage,  apéro à 19 heures. La routine, y a que ça.

– Dis-donc, j’ai lu quelque part que tu misais sur l’intelligence des lecteurs.  C’est pas un pari un peu risqué, gros ?

– Tout dépend du montant de la mise, gros. Et puis, écrire pour des buses, c’est pas un karma.  Je raconte mes salades à ma sauce et roule, ma poule. Et ma sauce, c’est pour les fines gueules, pas les shootés à la rillette du Mans addictive ou au foie gras de canard  glaçant. Même maison, cuisiné par mamie Facebook pendant que papy joue à Age of Empires 12 en gardant un œil attentif sur les petits enfants.

– J’avoue. Ta sauce  c’est pas la soupe maniaco dépressive  servie à la pelleteuse par la proxénédition de masse.

– Cette fois encore, je te laisse l’entière responsabilité de tes propos, gros. Je répète simplement (et poliment) que  vu de ma fenêtre, un polar – d’ailleurs  cette appellation est un peu  galvaudée, je propose de réhabiliter le « roman d’aventures policières», au prix qu’est le mot en ces temps abrégés on va dire « rolar » – a le droit de générer chez la personne qui le lit autre chose que le mal-être, l’angoisse, l’insomnie ou, chez les déviants sexuels, une forte démangeaison à l’entrecuisses.

– T’as des noms de keums qui voient pas les choses commaces ?

– Quelques uns mais compte pas sur moi pour balancer. Sont suffisamment dans la misère comme ça, les malheureux.

– Because le conardo, tu veux dire ? Sûr que les salons littéraires, pour cet été c’est plié.  Dédicaces putassières et gestes barrière, à part la rime…

– Cela dit, une bonne vieille pandémie, statistiquement, ça a toujours stimulé sa race. Sophocle, Boccace, London, Camus, Giono, Garcia Marquez, King… Même Hervé Bazin ou Le Clézio sont allés un jour ou l’autre chercher leur inspiration chez les pestiférés.  Alors  les poulains à trois pattes des proxos de la cellulose, t’imagines comment ils vont se précipiter. La rentrée va être chaude.

– Bernard, Franck, Maxime, toussa ?

– Je te répète que poucaver c’est pas dans mes gènes. Ah j’allais oublier…

–  Quoi ?

– Aujourd’hui c’est toi qui rinces.

 

Le dealer de cadavres et le croque-mort

*

– Bonjour, monsieur le détaillant en chair et organes d’animaux abattus depuis au moins 12 jours («période pendant laquelle la viande reste sur carcasse. Ce processus est le rassissement proprement dit »**).

– Bonjour, monsieur le croque-mort, qu’est-ce qui vous ferait plaisir comme charogne aujourd’hui ?

– Eh bien, si vous me garantissez que « le sucre contenu dans le muscle, le glycogène », a  été consommé en totalité par « les cellules qui continuent à vivre comme une crampe après un gros effort », je craquerai avec joie pour une tranche de cadavre de bovin en état de décomposition nécessaire et suffisante.

– Fibre longue ou courte ? Sachant que « la graisse intramusculaire –le persillé de la viande- qui va fondre à la cuisson, va magnifier ces saveurs qui seront plus rapidement perçues par vos papilles », monsieur le croque-mort.

– Slurp, vous me faites saliver. Merci pour tout, monsieur le détaillant en « pourriture contrôlée ». Et à la prochaine !

« Derrière les rochers une chienne inquiète

Nous regardait d’un œil fâché,

Épiant le moment de reprendre au squelette

Le morceau qu’elle avait lâché. »***

 

 

* Rembrandt « Le bœuf écorché »

** Les passages en italiques sont d’authentiques extraits de pubs de bouchers, picorés sur Google

*** Charles Baudelaire, « Une charogne »

Ramadan de sagesse (place aux jeûnes!)

Dans la foulée du jeûne des Pâques  juive et chrétienne, le 3ème petit cochon juchréman se met à son tour temporairement au régime.

C’est que le salut éternel à la droite du dieu des commerçants  («Le marchand sincère et de confiance sera, au jour du Jugement,  parmi les prophètes, les justes et les martyrs»*), ça se mérite !

Pareil  qu’un bon kashrout à la table du dieu du prêt aux étrangers (« L’Éternel, ton Dieu, te bénira comme il te l’a dit, tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point ; tu domineras sur beaucoup de nations, et elles ne domineront point sur toi. »)**

Ou une hostie arrosée au vin de messe à la buvette du dieu des banquiers («  Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. ***)

Tiens et si vous profitiez du « confinement » (Larousse :  « Situation d’une population animale trop nombreuse dans un espace trop restreint et qui, de ce fait, manque d’oxygène, de nourriture ou d’espace »)   pour relire ici même « Les Aventures de Moïse » ?

 

* Sunna

** Torah/ Deutéronome

*** Évangile de Matthieu

Radio salope

 

Un coucou en passant aux mangeurs de cadavres. Ce matin au réveil sur une radio périphérique, une grognasse disait que c’était chouette de faire plaisir aux enfants. Jusque là rien à redire. C’est sur la façon d’y parvenir que ça se gâte. Selon cette sous-merde incurable, vos chiards, pour leur donner le sourire, FAITES-LEUR DONC BOUFFER DU VEAU! Escalope à la crème ou rôti, comme la voulvoul mais par pitié aidez nos éleveurs confinés. Bon ben toi, t’es juste une salope qui, je le répète, peut crever quand elle veut de la grippe aviaire, de la vache folle ou du conardo. C’est tout, merci, je te rends l’antenne avec un peu de vomi dessus.

Shoah pascale

 

Je sais c’est pas gentil mais j’espère que tous les bipèdes à poil ras qui auront, de près ou de loin, trempé dans la shoah des 600 000 agneaux de Pâques de cette année, crèveront la gueule ouverte. Du conardo ou de n’importe quoi de douloureux de préférence. Les braves croyant(e)s qui auront planté leurs fourchettes dans la chair tendre de mes frères et sœurs, les vrai(e)s, pareil.

Solidarité avec les chauves-souris et les pangolins.