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L’année qui vient (fr/en)

L’année qui vient  vous sera d’autant plus profitable et paisible que vous aurez lu Homo juchrémanensis. Au moins vous saurez qui vous êtes, d’où vous venez et où vous allez si vous décidez de continuer comme ça.

 SOMMAIRE

En guise d’introduction

I LES BASES

  1. Plus prêt de Toi mon Dieu
  2. La condition féminine
  3. La conquête de l’Ouest

II ABRAHAM LAVE PLUS BLANC

  1. Business plan
  2. Gestion d’entreprise
  3. Organigramme
  4. Sémantique

III RETOUR DE BÂTON

  1. Talbin
  2. La « crise »

IV HOMO JUCHREMANENSIS

  1. Alimentation et environnement
  2. Remplir la terre
  3. Les parents
  4. L’école
  5. Allons enfants !
  6. Éthique
  7. Vice de fabrication
  8. Chef oui chef !

ABRAHAM PASSE LA MAIN

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The coming year will be all the more profitable and peaceful for you if you read Homo juchremanensis. At least you will know who you are, where you come from, and where you are going if you decide to carry on like that.

SUMMARY

By way of introduction

 I THE BASICS

  1. You’ll never walk a loan
  2. Women’s issues
  3. The Conquest of the West

II ABRAHAM WASHES WHITER

  1. Business plan
  2. Managerial skills
  3. Company chart
  4. Semantics

 III BACKLASH

  1. Gwap
  2. The “crisis”

 IV HOMO JUCHREMANENSIS IN EVERYDAY LIFE

  1. Food and environment
  2. Filling the earth
  3. Parenthood
  4. School
  5. C’mon boys and girls !
  6. Ethics
  7. Manufacturing defect
  8. Sir, yes sir!

ABRAHAM PASSES ON

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Noël et tout ça

Alors les Juchréman(e)s (tendance « on est chez nous ») ? C’est le grand soir, ce soir ! Des foies cirrhotiques comme s’il en pleuvait ! Caviar chinois à volonté ! Saumon frais pêché dans son bassin d’élevage surpeuplé pire que les prisons phroncées ! Barbaque ultra sophistiquée en direct de la Shoah des Animaux quotidienne, laïque et obligatoire. Allez une pensée émue pour les infortunées créatures que la dermatose nodulaire aura privé du bonheur de finir dépecées dans nos assiettes après un chouette stage dans les camps de la mort offert par leurs nourrisseurs qui les aiment tant. En vous souhaitant un Joyeux Noël et tout ça et un lendemain qui chante autre chose que le grand air du Vomito Sacré en tête-à-tête amoureux avec la cuvette des chiottes.

Mon cadeau ? Un maxi extrait de B. comme Bongarçon. Là aussi ça se passe aux environs de Nono↓

Comme le nom le suggérait, Montgentil, bourgade de 5000 âmes, chevauchait un mamelon timide et flasque, duquel les constructions nouvelles dégoulinaient jusqu’à la bretelle de l’autoroute. La nuit était déjà bien installée et les volets des habitations prudemment verrouillés. Les essuie-glaces de l’Audi flemmardaient en vitesse minimum. B. suivit la rue principale jusqu’au centre-ville, dépassant quelques piétons recrachés par le RER, étonnamment pressés de regagner leurs biotopes merdiques, leur biocénose ingrate. Sur le parking de la gare, il réussit à s’imiscer entre deux tilleuls dont les racines exsangues crevaient le bitume dans leur quête d’un petit coup à boire. À sa descente de voiture, le crachin polaire ne lui donna pas envie de s’attarder devant les quelques devantures de commerces encore éclairées. Le salon de coiffure « Évolu’ Tif » jetait l’éponge pour aujourd’hui. La shampouineuse chargée de baisser le rideau lui adressa un sourire compatissant. Il le lui rendit avec la même sincérité et fit route vers L’Arrivée, un bar-tabac-PMU où la vie du bled semblait s’être réfugiée. À travers le chariot céleste chargé de paquets enrubannés et ses rennes mutants qui occultaient la vitre, Brieuc distingua un zinc auquel quelques assoiffés s’accrochaient encore. Il poussa la porte.

– ‘Soir ! Pas chaud, hein ? » Le patron avait de la conversation, c’était bon signe.

– Comme vous dites. En même temps, on va pas se plaindre que l’hiver commence à ressembler à un hiver. La flotte, ça va bien un moment…» L’étranger, lui aussi, connaissait son répertoire de bistrot.

Le petit vieux à casquette hocha la tête en connaisseur et s’écarta pour lui faire une place à l’abreuvoir : « Quand je pense que dans le temps à Montgentil, à Noël on avait presque toujours de la neige. Je me souviens, on allait faire de la luge derrière l’église, du côté où ça descend bien raide. Tu vois où je veux dire, Jean-François ?

– Très bien. Même qu’ arrivé en bas, d’un seul coup ça devient tout plat. Sinon, ils auraient pas pu construire le terrain de foot. Qu’est-ce que je vous sers, m’sieur ?

– Un grand chocolat, s’il vous plaît.

La commande sembla décevoir le petit vieux. Il regarda pensivement son ballon de beaujo presque vide. « Tiens et quand t’auras servi le monsieur, moi tu me remettras la même chose, Jean-François. Chacun sa technique de chauffe, ha ha !

– Haha ! » admit l’étranger, «…C’est pas que j’aie fait vœu d’abstinence mais boire ou conduire, comme ils disent à la télé… Trois points, c’est vite perdu, par les temps qui courent. » La bonne humeur de Bongarçon était à peine feinte. De lui-même, le loufiat avait abordé le sujet qui l’amenait dans le coin. Y avait plus qu’à rebondir : « Le terrain de foot ? Marrant, j’allais justement vous demander comment on va au stade « Joseph Ujlaki », en voiture.

– Rien de plus simple. Comme dit monsieur Raymond, suffit de prendre à droite après la basilique, là-haut… Et d’avoir de bons freins ! Mais, ce soir, à mon avis, y a pas d’entraînement.

– La « trêve des confiseurs » qu’ils appellent ça, à la télé ! La trêve des branleurs, oui ! » Le somnolent du bout du zinc reprenait du service, « …Quand tu vois ce qu’ils se mettent dans les fouilles, ces tarlouzes ! N’importe qui peut enfiler un short trop grand, se teindre en blond platine et crier au viol dès qu’il perd le ballon ! Combien il ramasse le Neymar, déjà ? Quelque chose comme trois patates par mois, je crois bien ! Sans les primes ! …Sans les primes, t’imagines !!!

– Calme ta joie, Seb ! Le jour où Gilles-William tournera à trois briques…

– Manquerait plus que ça ! Il a encore pas trop fait d’ étincelles, hier, l’avant-centre de l’AS ! …À ce qu’on m’a raconté parce que moi j’y vais plus, au match. Je préfère autant rester au chaud devant ma télé.

– Oui eh bien moi j’y étais, hier ! Et j’ai pas regretté ! » Le gazier au look « clerc de notaire en pré-retraite » qui jusqu’alors n’avait pas levé les lunettes de son Tiercé Magazine venait de faire entendre sa voix de crécelle. B. dressa l’oreille.

-…Non pas que le match en lui-même ait valu le déplacement. À mon avis, tant qu’on aura pas changé d’entraîneur mais ça c’est mon avis… Bref, on s’était  fait surclasser bien comme il faut pendant toute la partie et Marches-Brazay allait ramasser ses trois points tranquillou quand le petit niakoué qui joue à l’aile droite chez nous, comment il s’appelle déjà…

– Joseph ? Il est pas vietnamien, il est de la Guadeloupe, je crois bien. Ou de la Réunion, je sais plus… », intervient le petit vieux  à casquette .

– J’ai jamais dit qu’il était vietnamien !

– Ah je regrette ! T’as dit « le niakoué ». À l’origine, les niakoués c’est des jaunes ! Si t’avais fait l’Indochine, tu le saurais ! Pas vrai Jean-François ?

Pris de court, le patron se masse le menton, embarrassé pour répondre. « Bah, niakoué, bougnoule, mal blanchi, on se comprend. Français d’adoption, quoi…» Il gratifie l’étranger d’un sourire mi-figue, mi-raisin. Il ne tient pas à perdre un client connement, en passant pour le gros raciste qu’il est. « …Vas-y, Christophe continue ! Elle est marrante ton histoire. J’aime bien comment tu racontes.

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Le Soleil de Phuket

Jingle bells, jingle bells ♫  Donc vous sentez venir les migraines, les insomnies, les boyaux en capilotade, la phobie des barbus en rouge et blanc, indissociables de retrouvailles familiales débordantes de bons sentiments, de fiestas entre amis tellement sympathiques et dénuées de toute arrière-pensée ? À fyr on a ce qu’il faut pour vous aider à oublier tout ça, au moins le temps d’un  bon petit weekend de lecture peinard ↓

Laissé seul, B. fait l’inventaire de son environnement immédiat. Là encore si la maison compte mettre la clientèle dans un état propice à la gaudriole, c’est mort. Spartiate est l’adjectif qui vient à l’esprit. Où s’asseoir, ailleurs que sur un des deux tatamis rembourrés noyaux de pêche qui occupent l’espace étroit de la cabine ? Accroché au mur,  un énième Bienheureux grassouillet continue de trouver ça drôle.

Le sourire de la personne qui ne tarde pas à apparaître dans l’embrasure de la porte fait la paire. Pour ceux qui auraient encore des doutes sur ses activités, Madame Bamrungsuk ressemble à tout sauf à une tenancière de bordel. Elle doit bien péter les soixante-dix balais. Grande et mince, madame Bamrungsuk impressionne par la dignité de son port. Surtout vu d’en-bas. Elle accorde à son visiteur un wai à la fois respectueux et distant. B. fait mine de se lever.

– Non non, restez assis, je vous prie. »  Ce disant, c’est la dame qui se pose sur le second tatami avec une souplesse inattendue pour son âge. Avant de croiser les jambes dans un lotus dont la perfection finit d’écœurer Bongarçon, lui qui ne sait déjà plus quoi faire de ses genoux au supplice. « Dites-moi, je vous prie, les raisons qui ont conduit vos pas jusqu’au Singsiang Kasalong. » Les cheveux gris-blancs, en harmonie avec l’ivoire d’un ensemble deux-pièces en soie peinte, contrastent avec le pétant du rouge à lèvres. Le regard châtaigne vous transperce littéralement.

Prenant un air embarrassé qu’il réussit à merveille, B. se risque sur la pointe des tongs : « Voici déjà plusieurs années un ami, intarissable sur les bienfaits de la médecine thaïe, m’a recommandé un salon de la rue Fremaux. M’étant enfin décidé à m’y rendre je viens d’avoir la mauvaise surprise de trouver l’établissement fermé définitivement. Aussi, plutôt que rentrer chez moi…

Les ridules autour des yeux de la dame se creusent imperceptiblement. « Puis-je connaître le nom du salon à vous recommandé par votre ami ?

– Le Soleil de Phuket.

Les lèvres peintes de Mamie Tapaphaipun se crispent un quart de seconde. Mais déjà le sourire monalisien est de retour.  « Oserai-je pousser l’indiscrétion jusqu’à m’enquérir de la nature des prestations que votre ami avait l’habitude de recevoir au Soleil de Phuket ?

 

Extrait de B. comme Bongarçon, F.Y. Richard, 2,69€Amazon KindleFnac ePub

Bien sûr

Bien sûr qu’on peut continuer à patauger toujours plus profond dans les inepties thrillistiques des anciens cadors de la PJ repêchés in extremis par les dragueurs de fond du Fleuve Nouar. Bien sûr qu’on peut roupiller dès la 3ème ligne du dernier Goncourt ( j’ai testé) ou, pire, gâcher sa bonne humeur et celle de sa famille sur la x-ième « saison » de la x-ième « série » Nextflip « à voir absolument, », bien sûr qu’on a le droit de faire fi du vague reste de sens critique qui nous recommande de rester sourd au chant des sirènes du BMW, dévoreuses de neurones, suceuses de synapses… bien sûr, bien sûr…

Et bien sûr qu’on peut télécharger B. comme Bongarçon, de F.Y. Richard et passer un putain de bon moment.↓

Agrippé au volant de son Cherokee, Philippe Edelman peste contre les embouteillages. Il a les nerfs. Il y a une demi-heure, égal à lui-même, il faisait le cagou devant sa bru—une blonde à forte poitrine qu’il est reconnaissant à Jean-Eudes d’avoir fait entrer dans la famille— quand il a reçu l’appel affolé du docteur Doux. Adieu les petits fours retenus depuis trois semaines chez Milliez & Tinier ! Pas moyen de faire autrement que bomber au CHU réceptionner le commissaire Machinchose. Un chef de pôle se doit d’« allier des qualités personnellesappétence pour la fonction, reconnaissance par ses pairs et par les équipes, sens des responsabilités et du compromis efficace, engagement institutionnel et adhésion au projet médical collectif —à des compétences managériales qui ne sont pas innées… ». Pas innées mais pour 10 000 balles le mois, ça vaut le coup de faire en sorte. Il a convoqué l’oiseau de mauvaise augure et son infirmière pour un débrief indispensable avant l’arrivée du flic.

Les intéressés poireautent devant la porte de son bureau. Doux est livide. « Je ne comprends pas ce qui a pu se passer… Edelman s’efface pour laisser entrer l’infirmière – comment elle s’appelle déjà ? Moulard ? Foulard ? – et Doux, qu’il poussotte gentiment sinon on y sera encore demain matin. Après avoir jeté un coup d’œil rapide dans le couloir, il referme derrière lui. Une fois tout le monde assis, il s’éclaircit la gorge avant de lâcher perspicace : « Si je comprends bien, on est dans un caca noir ? » Il regarde Doux qui regarde l’infirmière.  Qui n’a pas le temps de l’ouvrir. Le téléphone s’est mis à faire des bonds sur le bureau. Edelman se saisit du combiné en grimaçant. Ils n’auront pas eu le loisir d’accorder leurs violons. « Très bien, dites-lui de monter.

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Sinon, Edika est mort ↓ et Netanyahu est toujours vivant, dommage.

 

Une idée de cadeau

Tout ça pour vous dire que l’édition française de « Commissioner B. goes south »* est téléchargeable depuis hier sous le titre « B. comme Bongarçon ». Encore sous le coup de l’émotion je me contenterai pour l’instant de vous balancer quelques lignes à sniffer gratos ↓

Concilier respect de l’environnement et développement de l’activité économique est un double objectif aussi louable que voué à l’échec. La zone industrielle de Rochebourg en était la preuve. Quelques cerisiers du Japon anorexiques et autant de troènes gruyérisés tentaient en vain de séparer les hangars, entrepôts et bâtiments à l’abri desquels on assemblait, peignait, réparait des trucs et des machins. Concession ultime à la végétalisation urbaine, le « Garage Automobile A. Pype SARL » et ses 15 tonnes de charpente métallique, sa couverture multicouche et son bardage double peau en tôles nervurées essayait de faire survivre une bande gazonnée le long de sa clôture.

Le commissaire Brieuc Bongarçon, 3ème circonscription de sécurité publique de Port-Léon, franchit le portail au pas et trouva facilement une place sur le parking visiteurs. Avant même de détacher sa ceinture, son passager ajusta l’espèce de casquette en skaï doublée fourrure synthétique qui, dans ses rêves, lui donnait un look « aviateur de la 2ème guerre mondiale ». En ce début d’après-midi hivernal balayé par un petit vent d’est vicelard, le réchauffement climatique n’était pas au rendez-vous et le lieutenant Castagna était fragile des oreilles.

Négligeant le hall d’exposition, quoique le commissaire commençât à songer sérieusement (et non sans une certaine mélancolie) à remplacer sa bonne vieille Audi A4, les deux flics se dirigèrent vers l’entrée du maous atelier. La porte coulissante, haute d’au moins cinq mètres était entrouverte. Casta risqua un oeil à l’intérieur. Pour s’entendre dire que le garage était fermé le lundi.

Bongarçon prit la relève : « Même pour deux braves fonctionnaires de police qui se les gèlent?

– Ah ok ! J’arrive. » Le gros type en salopette vert bouteille marbrée de cambouis et d’huile de moteur sortit de sous le pont élévateur, remisa la clé à pipe dans sa poche ventrale et s’avança à découvert en s’essuyant les pognes dans un vieux « marcel » déchiré reconverti en essuie-mains, avant de le rouler en boule et le balancer sur le premier établi à portée. Arrivé à hauteur de ses visiteurs, il leur tendit un poignet à peine plus clair que le bouquet de francforts endeuillées qui lui servait de main droite.

B. s’en empara sans faire la chochotte, « Alain Pype ?

– Si seulement ! Nan, moi c’est Nico. Nicolas Bois, son chef d’atelier. Le jour où vous verrez M’sieur Alain mettre les mains dans le cambouis… Vous venez pour la « Mondéo » ?

– Tout juste. Je suis le commissaire Bongarçon et voici le lieutenant Castagna.

Nico Bois arborait une cinquantaine bien nourrie. Sa gestion de l’espace évoquait celle d’un plantigrade en quête de miel. Il précéda ses visiteurs au fond de l’atelier, fermé par le frère jumeau du panneau coulissant de l’entrée.

 

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Fnac et Fnac Kobo devraient se réveiller d’ici 1 jour ou 2 avec le format Epub.

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