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– fiction, pohaizie etc….

Envies de Mars

D’accord B. comme Bongarçon c’est le genre de thriller à dévorer de toute urgence, à peine on s’est remonté le momo avec Homo juchrémanensis ! Nul doute que Samouraï (Les marionnettes) fait le taf aussi et comment ! Pourtant, en ce moment —peut-être que les âneries de la grosse Poch y sont pour quelque chose — je sens monter en moi des envies de Mars. Bon pas le Mars d’Elon-le-Défoncé qui sent vraiment trop les pieds. Nan, le Mars d’Endymion bien sûr, même si c’est pas tous les jours qu’on rigole, là-haut en 2221 ! Allez, les loulou(tte)s, oubliez deux secondes votre enfer juchréman, je vous mets un passage un peu plus loin dans l’histoire que celui de l’autre fois. Endymion y évoque les « cyclones à répétition de 2217 ». Enjoy !

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– …On avait même plus le temps de leur trouver des noms à ces diarrhées célestes. À peine on s’était pris « Stratonice » que « Terpsichore » et « Uranie » se bousculaient au portillon. Il date de la fin du 21ème, le dôme des Moulineaux. Structure titane d’accord sauf qu’enveloppe en polycarbo feuilleté comme ça se faisait à l’époque. Sous la violence des tourbillons voilà qu’il s’est mis à se fissurer de partout. L’ordre d’évacuer est tombé le jour de la Chandeleur. Je me souviens, la pole dancer du « Boit-Sans-Soif », une fausse blonde avec des fesses comme des pastèques, nous avait fait des montagnes de gaufres. On a pas eu le temps de les terminer. La Sécurité urbaine nous a évacués d’urgence sur les dômes alentours. J’ai atterri dans un gymnase à Puteaux ! Ça sentait les pieds je t’explique pas ! Les sportifs et l’hygiène de base, on aurait tendance à croire que, eh ben on se trompe !  Heureusement, au bout de quinze jours, « Wenceslas » a marqué une pause. Quartier par quartier on a été autorisé à passer récupérer linge de rechange et autres objets de première nécessité. Pour le reste faudrait attendre le feu vert des autorités compétentes. On avait obtenu d’être classé catastrophe naturelle, c’était déjà ça !

– Endymion, t’es sûr que t’as pas envie de te reposer ?

–  J’aurai tout le temps pour ça quand je serai mort, gamin ! Tout à l’heure je t’ai parlé de mon arrière-petite-nièce. Sache que Polymnie habitait un dôme ultra moderne, à quelques kilomètres  de Tours. Quand finalement on a eu le droit de déménager pour de bon je lui ai demandé de me filer le coup de main. Ça tombait bien, avec l’argent de son divorce – elle pouvait dire merci à son avocat parce que, connaissant Polymnie, son ex devait pas avoir tous les torts – elle venait de se payer une capsule familiale avec un méga coffre. Elle était ok pour entreposer tout mon bordel dans son grenier …À condition que je vienne crécher chez elle. « Les enfants seront tellement contents ! Ils me demandent tout le temps pourquoi tonton Endymion passe jamais nous voir ». J’étais en train de chercher une excuse pour me défiler – si j’ai pas fait de chiards, c’est pas pour me cogner ceux des autres – quand voilà qu’elle s’exclame : « Mais c’est un éclat de jarosite, ça, tonton ! D’où tu nous le sors ? ». On était à remplir les cartons. Dans la bagarre, le petit coffret à souvenirs dans lequel j’avais remisé ma trouvaille du site de Beinan était tombé, répandant son contenu hétéroclite. « T’es jamais allé en Antarctique, que je sache ? Ni au Mexique ? » Si elle me demandait ça, Polymnie, c’était parce que, soit disant, on avait repéré des traces de jarosite dans la glace polaire. Et en farfouillant sous les ruines du temple du serpent à plumes, une ancienne pyramide à six niveaux des environs de Mexico, on était également tombé sur de mystérieuses mini sphères d’argile recouvertes de jarosite. Toujours selon Polymnie y avait bien aussi quelques gisements à droite à gauche, en Espagne en particulier mais d’une telle pureté, sûrement pas. « J’ai deviné, petit cachotier ! », qu’elle m’avait fait comme ça, Polymnie, « tu connais quelqu’un qui est allé sur Mars ! ».

Endymion se fige dans un arrêt sur image digne des plus grands dramaturges.

– « Tu connais quelqu’un qui est allé sur Mars » !!! T’imagines !

Avant de redémarrer sur les chapeaux de roues.

– Si elle avait pu voir la dégaine du « quelqu’un », la pauvre chérie ! « On peut rien te cacher, coquinette ! », j’avais répondu aussi sec, soulagé de m’en tirer à si bon compte. À part que le lendemain, voilà qu’elle décide d’embarquer le cristal à son boulot pour le soumettre à toute une batterie de tests sophistiqués. Quand elle est rentrée le soir, pour elle l’origine martienne de la lamelle ne faisait plus l’ombre d’un doute ! Entre temps, je m’étais soi-disant  souvenu que, oui, le Taïwanais à qui j’avais gagné le machin au poker (j’avais failli dire au chifoumi !) avait pas mal roulé sa bosse, sur Mars entre autres. « Un chouette coin, le mont Olympus ! », qu’elle m’avait balancé, Polymnie, « …Avec mon salaire du CNES ce n’est pas demain  que je pourrai m’offrir une virée pareille ! ».« Qu’est-ce qui te fait dire que ce machin provient du mont Olympus précisément ?  C’est grand, Mars ! », j’avais objecté. C’est là qu’elle s’était lancée dans un délire de « quarks violeurs de symétrie » duquel il ressortait que mon cristal de jarosite était soumis à une « force d’interaction faible ». Un rayonnement infinitésimal dont elle avait réussi à détecter la source, au kilomètre près : un bled paumé du côté du mont Olympus !

– Pardon ??? Un rayonnement ??? Pas de ça dans mon pieu !!!

Je tâtonne sous le drap, récupère la lamelle entre le pouce et l’index et la dépose délicatement sur la table de chevet. Ça fait rigoler Endymion.

– Depuis quand t’as peur d’un aimant, fils ? Parce que je vais te dire. La « saveur » des quarks de Polymnie, ses « leptons », « muons », ses « taus », ses « neutrinos électroniques », pour moi c’était de la branlette de scientifique. Traduit en endymien courant, on avait affaire à un bon vieil aimant, point barre !

Gloussement virant instantanément à la toux catarrheuse.

– … Un aimant dont le pôle magnétique – Polymnie était formelle – correspondait à … coff… une latitude de… coff… coff… 15° 56′ Nord et une… coff… longitude de 223° 00′ Est, dans les quadrangles d’Amazonis et de Tharsis.

Raclement de gosier avant expectoration imminente. Endymion trouve plus son mouchoir. Le coin du drap tombe à point nommé.

– Jamais tu t’es demandé pourquoi La Ferrière s’appelle La Ferrière, petit ?

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Extrait de « Mars 2221, roman« , téléchargeable sur toutes les plateformes, entre autres en cliquant sur l’image

Le baroudeur

Vous savez quoi les Juchréman(e)s ? Plutôt que vous gaver avec qui qu’a dit quoi des éructations autosatisfaites de l’autre malade mental et sa « personnalité alcoolique » (dixit sa conseillère Suzie Wiles) après son dernier sauvetage du monde libre dans ses rêves (et nos cauchemars), j’ai pensé vous faire passer un meilleur dimanche en compagnie de ce bon vieux baroudeur d’Endymion Calmann-Lévy ! Ecoutons le nous narrer sa visite mouvementée du site archéologique de Beinan ! Dar  !

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– Bon où j’en étais ? Ah oui, BRGTR hors service, je m’étais rabattu sur le bar de l’hôtel. Me voyant me morfondre tout seul devant mon vermouth cassis, le barman me demande à tout hasard si je serais pas branché vieilles pierres. « Drôle de question », je lui réponds, « parce que quand j’étais petit— j’ai été élevé par mes grands-parents— je demandais tout le temps à mon grand-père de me repasser un vieux nanar du temps jadis sur son home cinéma pourave. Rien que le titre m’éclatait de fou. « Les Aventuriers de l’Arche Perdue » ! Toute une époque ! « En ce cas » qu’il me fait, le loufiat, « pourquoi n’iriez-vous pas visiter le site archéologique de Beinan ? La municipalité investit une fortune dans son entretien et personne n’y va jamais. Pourtant les monolithes valent le détour ! Ces grosses pierres taillées, posées au milieu de nulle part… Dont certaines sont percées ! Les spécialistes s’interrogent toujours sur leur signification… Même chose pour les innombrables traces de sépultures ! Mais non, les touristes préfèrent aller faire trempette dans les micro billes en plastique cancérigènes de la marina et se faire sécher sur le sable radioactif… Le prenez pas pour vous mais si le client est roi, roi des quoi, ça reste à définir ! », qu’il ironise, le plaisant…

Comprenant qu’Endymion est parti pour la version longue je me cale mieux contre mes oreillers. Après tout, me farcir ses mémoires de guerre ou me planter dans mon comptage de moutons en l’écoutant ronfler…

– Je vais te dire, fiston. Pour ce qui est du pragmatisme, les Chinois – cocos ou républicains – ont des leçons à nous donner. La philosophie du « faire avec », tu connais ? Genre « S’il n’y avait pas de montagnes, les plaines n’apparaîtraient pas ». BRGTR avait ses ours ? J’en profiterais pour tripper « Indiana Jones » ! » L’ex baroudeur fait mine de cogiter une seconde.

« …Ou « Han Solo » plutôt ! Cherche pas à comprendre, c’est dans un autre film qu’il avait dans sa collec, mon gramp’. Je me souviens plus du titre. Ça se passait dans l’espace… Bref le barman avait raison, y avait pas un chat sur son site archéologique. Je me baladais seulabre dans les allées, entre les restes de tombes…  D’après les pancartes elles remontaient à entre 5000 et 2000 ans avant notre ère…. Ceux qui les avaient creusées avaient ensuite disparu sans laisser d’adresse. À en croire les spécialistes, il n’existait aucune preuve de leur filiation avec les tribus aborigènes de Taiwan, comme les Amis, les Paiwan ou les Puyuma… BRGTR était d’ascendance puyuma. À tous les coups ça l’aurait intéressée de visiter le site. Elle était pas que con BRGTR, tu sais ? Pour une Taiwanaise, je veux dire. Bref je venais d’apercevoir une sorte de gros menhir troué, sûr qu’il avait une drôle de dégaine ! Je faisais route dans sa direction quand un sifflement suraigu m’avait vrillé les tympans ! » Le vétéran se couvre les oreilles. Il revit l’action. « J’ai cru à un putain de missile qui nous arrivait dessus ! Bordel, les cocos avaient déjà remis le couvert ! Tous aux abris ! Je calcule un trou assez profond pas loin. Une tombe qui tombait à pic comme qui dirait, haha ! Je plonge dedans. Recroquevillé, la tête entre les genoux, je me prépare à l’impact … » L’adjudant est un conteur né. Au terme d’un suspense insoutenable le voici qui décolle les mains, l’air surpris. « …Que dalle ! Au bout d’un moment, je me risque à sortir le nez de la crotte de chien… C’était ça que ça sentait drôle pour une sépulture, même tri millénaire…

M’ayant entendu bâiller, il passe à la vitesse supérieure. « Je me redresse, centimètre après centimètre, jusqu’à pouvoir me faire une idée de ce qui se trame en surface. Et qu’est-ce que je vois en fait de missile ? Une soucoupe volante !  La vie de ma belle-sœur, UNE SOUCOUPE VOLANTE !!! Sortie de nulle part, là sous mes yeux, au beau milieu du site archéologique ! Un OVNI, comme disait pépère Calmann. Il en avait plein un gros classeur, des photos d’OVNIs. Découpées dans les journaux avec les lieux d’apparition, les dates et le toutim… Ils me faisaient penser aux œufs au plat de ma grand-mère, ses « objets volants non identifiés » ! Elle les laissait toujours cuire trop longtemps ses œufs au plat, mémère Calmann. Alors pépère il gueulait. « Ça des œufs au plat ? C’est quoi comme marque de poule ???  » Endymion secoue la tête, en proie à la nostalgie de l’enfance. Ça dure pas : « Un OVNI, bordel de dieu !!! Un OVNI en lévitation à ça du sol. Le sifflement décroit progressivement alors qu’une rampe télescopique émerge de la carlingue. Et trente secondes plus tard, qu’est-ce que je vois dévaler la rampe ? Qui s’étirant, qui bousculant son voisin, dans un mélange de couinements et d’éructations entrecoupés de borborygmes… UNE BANDE DE NAINS !!! TOUT VERTS !!! Avec des têtes énormes !!! Je pense d’abord à un commando communiste. Sauf que les cocos, ils sont souvent minuscules, c’est une affaire entendue, mais pas hydrocéphales ! Pas plus que la moyenne des Chinois, je veux dire. Et question couleur, ils sont plus souvent jaunes que verts!!! » Endymion se caresse le menton d’une main dubitative. « …Il y avait aussi ces espèces de flûtes de Pan avec lesquels les nouveaux arrivants commençaient à mitrailler les monolithes sous tous les angles… J’avais pensé un moment à des touristes japonais… Mais les touristes japonais, ils sont pas verts non plus ! À part ceux qui crèchent trop près des réacteurs nucléaires fissurés de Fukushima III. Mais si c’était des riverains de Fukushima III, dans le tas il aurait dû aussi y avoir, je sais pas moi, des pieds-bots… Des manchots… Truffés de kystes, de fistules, d’exostoses cartilagineuses… » Vigoureux secouage de teutê. « Non, fils ! Y avait pas à tortiller. J’étais bel et bien en présence d’EXTRA TERRESTRES !!! Des « estraterresques » comme disait mémère Calmann, quand  elle rameutait mon grand-père, là-haut dans le grenier, encore en train de classer ses photos. « T’arrêtes un peu avec tes estraterresques, oui ? La soupe va être froide ! »…

Endymion récupère comme il peut d’une nouvelle quinte. « …Tu dois penser qu’à mon âge, faut plus toucher aux alcools forts, hein petit ? Que la vodka de ta copine est en train d’agir à retardement sur mon cerveau ramollo ?

– Ben… En fait…

– Comment t’en vouloir ? Surtout quand je t’aurai dit qu’un peu à l’écart du groupe de furieux qui continuent à mitrailler à tout va, voilà que je repère deux extras qui sortent du lot. Ils en ont rien à battre des menhirs gruyères. Ils sont clairement dans autre chose. Ils se tiennent debout l’un en face de l’autre, chacun une main planquée dans le dos. Périodiquement ils la ramènent devant eux. Et à chaque fois il y en a un des deux qui biche et l’autre qui… Coff.. Coff… Tire la gueule… Coff… Coff..

J’attends que la quinte passe. C’est marrant mais plus il s’enfonce dans son délire, l’adjudant-chef, moins je pourrais jurer que c’est  rien d’autre qu’un délire.

– …Et d’un coup voilà que ça me revient ! Môme, y avait un jeu populaire dans la cour de récré, quand on avait notre dose d’Hyper Mario XIX, Donkey Kong ou Sick my Duck, toutes ces nazeries de jeux vidéo qui nous explosaient les yeux… Un jeu sans écran qui se jouait à deux. Pareil comme les deux extras, là, on planquait une main derrière notre dos et au signal, on la sortait pour la comparer à celle de l’adversaire. « Pierre » c’était le poing serré, « feuille » la main à plat et « ciseaux » on écartait les doigts en forme de ciseaux… La feuille couvrait la pierre, les ciseaux coupaient la feuille mais s’ébréchaient sur la pierre… » Endymion me prend à témoin : « Non mais t’imagines ? Une soucoupe volante m’atterrit sous le nez, lâche une cargaison de petits pois hydrocéphales excités comme des puces et maintenant vas-y que j’en repère deux à fond dans une partie de chifoumi !

– De what ? », je faux-culte sans vergogne. Là encore Endymion a pas à savoir que je jouais à « Pierre, feuille, ciseaux » un siècle et demi avant sa naissance !

– De chifoumi. Because, au lieu de « 1-2-3 » comme dans les autres jeux, on disait « Chi –Fou – Mi » et hop on se montrait nos pognes. Bon mais d’un seul coup t’as l’OVNI qui se remet à siffler, sur l’air de « faites chauffer les turbines, paré à décoller ». Direct t’as l’équipe de photographes qui remballent… Laissant sur place les deux chifoumeurs qu’arrivent pas à s’arracher à leur partie. Faut dire, ça prend bien la tête le chifoumi quand t’es dedans ! Faudra qu’on s’en fasse un, un jour !

Endymion se remet à conjuguer au futur. C’est bon signe.

– Et comment. Ça a l’air cool.

–…Le sifflement se fait plus strident. Ça sent son décollage imminent. Je me dis que mes flambeurs vont louper le départ ! Comme dans «  E.T »… (Coff coff)… Ah « E.T. » ! Il l’avait aussi celui-là, pépère Calmann-Lévy ! Je me souviens j’avais flippé la première fois qu’on l’avait visionné ensemble. Le moment où les mecs fouillent les buissons sous lesquels E.T s’est planqué, quand t’es môme ça fout les boules ! Heureusement ça finissait bien… Ça me gave les films qui finissent mal. Comme si on allait au cinéma pour voir des histoires qui racontent la vraie vie… Pareil pour les bouquins… Je vais t’étonner mais quand j’étais gamin, je lisais tout ce qui me tombait sous la main… Pendant que mes vieux s’abrutissaient avec leurs séries à la con, moi je m’éclatais sur une vieille tablette récupérée dans une brocante…

– Endymion, j’ai sommeil.

– Attends, on est presqu’à la fin. D’ailleurs mes flambeurs aussi, ils avaient fini par arrêter de jouer ! C’est là qu’un d’entre eux – le perdant ? – tend un truc – l’enjeu de la partie ? – à l’autre avant qu’ils se mettent à courir tous les deux. Faut dire que la rampe commence à se rétracter. Les deux retardataires speedent comme des malades. Arrivé au pied de la soucoupe, y en a un, celui qui a récupéré le truc dont je te parle, qui trébuche sur une pierre et s’étale. Il a juste le temps de se relever et d’agripper le bas de la rampe. J’aperçois ses mollets qui s’agitent dans tous les sens comme deux branches d’épinards frais cueillis, avant de disparaître à l’intérieur de la soucoupe ! Qui disparaît à son tour ! Genre le Millenium quand Han Solo bascule en hyper espace… C’est pour ça que je te parlais de Han Solo tout à l’heure…

Je sais plus quoi penser. Sans minimiser les capacités créatrices d’un sous-off en retraite, un scénario pareil, à moins d’avoir méfu la moquette et les double-rideaux…

– J’ai attendu un bon moment avant de sortir, des fois qu’au bout du compte y ait quand même eu du communiste là-dessous. Avec ces fils de pute faut jamais baisser la garde avant d’être sûr de chez sûr ! Mais ça puait vraiment trop la merde de clebs au fond de la tombe. J’ai fini par me risquer à découvert. Tout était calme. Tellement calme que j’ai commencé à douter. J’ai marché jusqu’à l’endroit où  j’avais vu la soucoupe larguer sa portée de scaroles, à la recherche de traces éventuelles… Rin de rin !!! Pas la moindre touffe d’herbe cramée comme on voit sur « Aux confins de nulle part » ou « Incroyable et pour cause »…

Pris en flagrant délit de misère médiatique, Endymion s’en sort comme il peut.

– …Quand y a rien d’autre à la télé, j’ai honte mais oui il m’arrive de me rabattre sur ces navets. Tant que ça chante pas ! …Si on peut appeler ça chanter ! Ma parole, de nos jours, les chanteurs, ils feraient mieux de péter, question mélodie !

Devinant que cette fois je vais décrocher pour de bon il met le turbo. « … Je commençais à pencher pour l’hypothèse de l’hallucination. C’est vrai quoi, avec tout ce qu’on est amené à vivre dans l’armée de métier, comment échapper au stress post-traumatique et ses effets secondaires à vie ? …QUAND LÀ, PAR TERRE… Pile à l’endroit où l’extra s’était vautré…

Il me lance un regard par en-dessous. « À tous les coups tu vas m’objecter que l’espèce de languette en plastoque qui traînait dans la poussière n’avait peut-être aucun rapport avec ce que je venais de vivre ! En admettant que j’aie vécu quoi que ce soit ailleurs que dans mon imagination… Ce doute m’a moi-même rongé pendant plus d’un demi-siècle…

L’adjudant-chef Calmann-Lévy ferme les yeux. Son récit l’a épuisé on dirait. C’est pas dommage, on va pouvoir pioncer maintenant.

– Jusqu’à mon déménagement.

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Retrouvez Endymion, lapin, Anthéa et les autres sur « Mars 2221, roman » en cliquant sur l’image !

Singularité de la matière

En ce troisième jour de l’an de grâce 2026, j’aimerais vous régaler d’un extrait de « Mars 2221, roman ».

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– *Lapsonami ? Répondez Lapsonami ! Vous êtes toujours avec moi ?*

– Tout dépend d’où vous émettez, si je peux me permettre ! On dirait que je me suis encore pris les pinceaux dans un « fantasme parallèle induit par une similitude avec une situation dont j’ai gardé l’empreinte mémorielle » ! Un fantasme parallèle à côté duquel la madeleine du gars Proust fait figure de gadget à un galacton …Au cas peu probable où ce grand puceau cacochyme et sa prose à rallonge vous seraient familiers…

Un pilier en marbre de Céphée qui se dresse brusquement entre toi et les goguenots et bam ! Vas-y que ton hippocampe recommence à faire des siennes ! Depuis ma chute dans l’escalier de la plantation de Valbueno (chute qui, on s’en souvient, avait réactivé l’option « cri du blé », rendant possible ma performance au Shaker) je croyais pourtant être débarrassé de ces intrusions plus que gênantes dans ce que le chirurgien Poutine appelait en se marrant doucement —je crois que je commence à comprendre pourquoi— la « réalité objective ».

– Une question, Gd’Ye-Asi… l’asanjrat  ne serait pas pour quelque chose dans tout ce mic mac ?

Je pousse ma mobylette le plus loin possible à l’écart de la route. En provenance de laquelle les premiers froissements de tôle se font entendre. Ponctués des premiers « bloody hell ! » « Jesus fucking Christ », « you dick head !  », « stupid cow !  », « up your ass ! », « screw your aunty, you motherfucker ! »… Comme quoi le flegme britannique a ses limites… 

– *Ce ne serait pas impossible. De récentes recherches ont mis en évidence un rapport de causalité entre l’ingestion même minime de dr’noä bleu et la manifestation, dans le métabolisme de certains composés, d’une singularité de la matière connue comme le loup blanc partout dans les Mille Galaxies mais seulement tout récemment parvenue jusqu’à l’entendement de la pseudo science terreu… eu…eu…se…* » Si l’ingéson pouvait baisser l’écho sur la voix de ma correspondante, merci. «*…Qui lui a, il me semble, donné un nom… Un nom  dans l’esprit de ceux dont la pseudo science terreuse raffole, dans la mesure où ils ne veulent strictement rien dire… Quelque chose comme l’ « intraaac » … L’ « intruuuc »… *

Le bosquet refuge entraperçu n’est plus qu’à quelques yards …Quand le sol se dérobe ! Un ravin ! Dans ma surprise effrayée, je lâche le guidon. Entraînée par son pesant de ferraille, de guitare et de tente amarrée au porte-bagage, la 104 plonge. 

– L’ intrication quantique !!! « Couantique » comme prononçait je ne sais plus quel France-Culturiste, dans sa tentative louable d’« esspliquer » des trucs auxquels il comprenait queud, rejoignant sur ce point couantité d’autres prétendus spécialistes de la couestion…

Clank ! Le ravin se révèle un modeste fossé dont ma bécane a presqu’aussitôt touché le fond, la roue avant se déboîtant sous le choc. Après tout elle est bien où elle est, ma noble monture ! Ma guitare pareil. « Un inconnu et sa guitare ♫ dans une rue pleine de brouillard ♫ Marjolaine, toi si jolie ♫ »… Je vais juste essayer de récupérer ma tente… Je la planterais bien dans la petite clairière entr’aperçue il y a une minute…

– * De quoi parlez-vou…ou… ous ? Je vous reçois de plus en plus mal ! Lapsonami…i…i…*

Faire gaffe à pas trébucher sur le sol plus qu’ inégal… Heureusement y a moyen d’enfoncer les sardines assez profondément pour conférer à mon abri de toile un semblant de solidité…

– L’ « IN-TRI-CA-TION », Gd’Ye-Asi ! Le cat de Schrödinger, à la fois mort et vivant dans sa caisse à savon, ce genre de conneries…

La réponse mentale de Gd’Ye-Asi finit par me parvenir, altérée. D’où, je sais pas… De loin, très très très loin.

– * Oui…i…i  c’est bien le mo… o… ot ! Lapsonami, vous m’entendez ? Il faut que vous sachiez une chose importan… an… ante ! Dans leur approche, les pseudo chercheurs terreux négligent une donnée essentielle : le principe de non-localité des particules en état intriqué s’applique non seulement à l’espace mais également au temps ! AU TEM… EM… EMPS !!! … Lapsonami…i…i… ? Lapson…  *

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Voilà. J’espère vous avoir fait passer un moment agréable. Pour plus de singularité, n’hésitez pas à lire « Mars 2221, roman » dans sa complétude. Lien (entre autres) en cliquant sur l’image

 

 

Caïn repose en paix !

Franchement, les Juchréman(e)s ! Vous trouvez pas que le pogrom en cours d’infortunés bovins contaminés, en vue d’éviter aux autres biftecks sur pattes une fin prématurée, savoir : avant que leur heure soit venue d’être massacrés en bonne et due forme, en toute normalité culturelle pour satisfaire nos besoins impératifs en « protéines animales », sent son juchrémanisme à plein nez ?

Vendredi, dans Labos bobo, j’abordais la question de l’expérimentation animale et de la responsabilité pleine et entière de la pseudo « science » dans cette pratique abjecte autant qu’ INUTILE. Aujourd’hui j’affirme, en accord avec les 75 millions d’autres personnes dans le monde qui ont choisi de ne plus inviter la souffrance et la mort d’êtres sensibles à leur table que, selon la pseudo « science » même, UNE PROTÉINE EST UNE PROTÉINE, qu’elle soit animale ou végétale.

Si ça peut rassurer nos charognards de service (car, ne leur en déplaise, le grand savant de Marseille M. Cimès et ses potes « viandards » revendiqués sont plus proches des vautours et des hyènes que des lions ou des tigres), on compensera le supposé déficit de la « protéine végétale » en molécules indispensables dont la « protéine animale » serait seule porteuse (avec pas mal d’autres molécules carrément nocives …et absentes, quant à elles, de la « protéine végétale ») par une combinaison idoine entre légumineuses.

Il est donc insensé, sinon criminel de continuer à encourager les éleveurs(euses) d’animaux de boucherie et les bouchers(ères) par la même occasion (ces gros cons de chasseurs, on en parle même pas) dans leur croyance judaïque (voir ci-après) et erronée d’autant, selon laquelle ils seraient nos nourrisseurs indispensables et dévoués.

En gros on bouffe de la barbaque parce que les braves bipèdes à poil ras préhistoriques que nous sommes, s’ils rêvent d’aller sur Mars, en vrai n’osent toujours pas s’aventurer trop loin de leurs cavernes. Pour le plus grand profit d’une poignée de malfaisants qui, sous couvert de volonté divine, cherchent depuis 2635 ans à nous empêcher d’accéder à des évidences comme l’alimentation non carnée mais également l’égalité des porte-monnaies et la gratuité des réponses aux besoins fondamentaux. La solidarité entre mortels quoi. L’humanité, on va dire.

En attendant↓

 

IV HOMO JUCHRÉMANENSIS AU QUOTIDIEN

 Alimentation et environnement

« A l’échelle cosmique, l’eau est plus rare que l’or. Pour la vie, elle est infiniment plus précieuse. »

Hubert Reeves

 

Torah, Berechit (= Bible, Genèse) :

4,1. « or, l’homme s’était uni à Ève, sa femme. Elle conçut et enfanta Caïn, en disant: « J’ai fait naître un homme, conjointement avec l’Éternel! »

4,2. Elle enfanta ensuite son frère, Abel. Abel devint pasteur de menu bétail, et Caïn cultiva la terre.

4,3. Au bout d’un certain temps, Caïn présenta, du produit de la terre, une offrande au Seigneur;

4,4. et Abel offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses. Le Seigneur se montra favorable à Abel et à son offrande,

4,5. mais à Caïn et à son offrande il ne fut pas favorable; Caïn en conçut un grand chagrin, et son visage fut abattu. »

De toute évidence, YHWH est un « viandard ». Le fumet délicat d’une « partie grasse de bétail premier-né » rôtie au barbecue Lui parle mieux que celui d’une soupe poireaux-pommes de terre mijotant à feu doux.

En Juchrémans scrupuleux, nos agriculteurs préhistoriques post modernes continuent à flatter les goûts divins. Résultat, en 2025, « 33 % des terres cultivables de la planète sont utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage ; 26 % de la surface des terres émergées non couvertes par les glaces sont employés pour le pâturage »1.  Du temps de Moïse déjà l’espace manquait pour nourrir toutes les infortunées créatures dont, en retour, la chair servirait de nourriture au Peuple Élu :

Berechit (Genèse) toujours :

13,2. « Or, Abram était puissamment riche en bétail, en argent et en or. »

13,5. « Loth aussi, qui accompagnait Abram, avait du menu bétail, du gros bétail et ses tentes. »

13,6. « Le terrain ne put se prêter à ce qu’ils demeurassent ensemble; car leurs possessions étaient considérables, et ils ne pouvaient habiter ensemble. »

Les 2212 entrées bibliques pour « troupeaux » ou « bétail » donnent une idée de la place occupée par les produits d’origine animale dans l’alimentation des Juifs et des Chrétiens …bientôt rejoints par les Musulmans de Muhammad. Apportant son écot au cahier des charges du Consortium, le Prophète établit d’ailleurs certaines règles culinaires à ne point enfreindre sous peine de damnation éternelle :

Coran, Sourate 6, Al-An’am

  1. « Dis : « Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc – car c’est une souillure – ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah. » Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux.
  2. Aux Juifs, Nous avons interdit toute bête à ongle unique. Des bovins et des ovins, Nous leurs avons interdit les graisses, sauf ce que portent leur dos, leurs entrailles, ou ce qui est mêlé à l’os. Ainsi les avons-Nous punis pour leur rébellion. Et Nous sommes bien véridiques. »

Jusqu’à la couleur de la vache digne d’être « immolée » :

Coran SOURATE 2,  Al-Baqarah (La Vache)

  1. « (Et rappelez-vous,) lorsque Musa dit à son peuple : « Certes Allah vous ordonne d’immoler une vache » . Ils dirent : « Nous prends-tu en moquerie?  » « Qu’Allah me garde d’être du nombre des ignorants » dit-il.
  2. Ils dirent : « Demande pour nous à ton Seigneur qu’Il nous précise ce qu’elle doit être ». – Il dit : « Certes Allah dit que c’est bien une vache, ni vieille ni vierge , d’un âge moyen, entre les deux. Faites donc ce qu’on vous commande ».
  3. – Ils dirent : « Demande donc pour nous à ton Seigneur qu’Il nous précise sa couleur ». – Il dit : « Allah dit que c’est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir ».
  4. – Ils dirent : « Demande pour nous à ton Seigneur qu’Il nous précise ce qu’elle est car pour nous, les vaches se confondent. Mais, nous y serions certainement bien guidés , si Allah le veut ».
  5. – Il dit : « Allah dit que c’est bien une vache qui n’a pas été asservie à labourer la terre ni à arroser le champ, indemne d’infirmité et dont la couleur est unie ». – Ils dirent : « Te voilà enfin, tu nous as apporté la vérité! «  Ils l’immolèrent alors mais il s’en fallut qu’ils ne l’eussent pas fait.»

…Et c’eût été aussi salutaire pour leurs descendants que pour nous tous qu’ils ne le fissent point ! Quelles que soient les raisons du peuple de Musa d’hésiter à l’« immoler », la vérité est que, aussi « jaune et plaisante à voir » soit-elle, via son fumier, ses rots et ses flatulences, la malheureuse vache libère un gaz apte à emprisonner 30 fois plus de chaleur par tonne émise que le dioxyde de carbone des cheminées d’usines, des voitures et des avions ! Selon un rapport de l’ONU de 2021, le bétail élevé annuellement sur la planète est responsable de 32% des émissions mondiales de méthane.

Sans pour autant suffire à rassasier vos convives : « Par exemple, si nous consommons 100 calories de céréales, comme le maïs ou le soja, nous obtenons ces 100 calories. Toute l’énergie de la nourriture est directement livrée à la personne qui la consomme. Mais si les 100 calories de céréales sont plutôt données à une vache ou à un cochon [pour les carnivores chrétiens, Chrétiens d’Éthiopie exceptés, ndla], lorsque l’animal est tué et transformé en nourriture, seulement un dixième de l’énergie de ces 100 calories de céréales va à la personne qui consomme l’animal. » 2

Au risque d’aller à contresens des penchants carnivores de l’Éternel, « si les populations de 54 pays à revenu élevé passaient à un régime axé sur les plantes, les émissions annuelles de la production agricole [en gaz à effet de serre] de ces pays pourraient chuter de plus de 60%. » 3

Sachant que notre vache « ni vieille ni vierge, d’un âge moyen, entre les deux, indemne d’infirmité et dont la couleur est unie » ne dédaigne pas un petit coup à boire pour faire glisser son maïs transgénique, et que : « La disponibilité en eau douce est soumise à une pénurie croissante en lien avec le changement climatique. Dans la mesure où 70% de l’eau douce mondiale sont utilisés pour l’agriculture, limiter la consommation d’eau utilisée pour l’élevage apparaît comme un levier. » 4

On peut comprendre aujourd’hui que Caïn l’ait eu saumâtre !

…Et aussi que votre petit(e) dernie(è)r(e) –  futur(e) militant(e) écologiste à coup sûr! – regarde avec méfiance son bifteck prédécoupé avec amour.

 

1 FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations) 2006, p. 271

2 https://www.mutualia.fr/agriculteur/infos/sante-et-prevoyance/news/comment-la-consommation-de-viande-affecte-les-gaz-effet

étude publiée dans la revue Nature Food, 2022

4 https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/il-faut-15-000-litres-deau-pour-produire-1-kg-de-viande-de-boeuf-vrai-ou-faux/

Extrait de Homo juchrémanensis ( EpubKindle)…  Homo juchremanensis ( KindleEpub) pour les anglophones

Labos bobo

Vous voyez les Juchréman(e)s, (attention phrase longue !) le délire judaïque de l’Entité Créatrice Invisible, Incolore et Inodore qui somme Ses créatures de partager Ses obsessions sado masos, mâtiné d’un solide enfumage socio-économique, repris au vol par une bande de croisé(e)s dépressifs(ves), tout aussi soucieux(ses) de s’en mettre plein les fouilles sur le dos de plus naïfs(ves) qu’eux/elles, lu et approuvé par une troisième équipe d’allumés de la domination tous azimuts des « vrais croyants » sur les « mécréants » que si y a moyen de  faire de la thune au passage c’est pas de refus, puisque 2635 ans plus tard, ça fait encore twister dans les chaumières des enfants de la patrie, no problemo Y vamos a la playa ! Je dis ce que je pense de l’arnaque du peuple élu à 1 voix sur 1 votant dans Homo juchrémanensis ( EpubKindle)— Homo juchremanensis ( KindleEpub) pour les anglophones—mais elle m’empêche pas de dormir.

C’est rapport aux animaux que je vire rapide plus qu’insomniaque. Si le bipède à poil ras n’a rien compris à son biotope et encore moins à son rôle au sein de celui-ci — traduit dans sa pensée rudimentaire : s’il n’a toujours pas grillé (et c’est pas près d’arriver, vu comment il s’y prend)  « qui il est, d’où il vient et où il va », au moins QU’IL S’ABSTIENNE DE MÊLER LES AUTRES ESPÈCES À SES PROBLÈMES EXISTENTIELS !!!

Je vous jure qu’avant hier j’ai pleuré de désespoir et de honte devant ma télé, à entendre la meuf à teinture capillaire noire corbeau pas spécialement méchante des imphos régionales envoyer un « sujet » sur « l’unique survivant » (sic) d’un labo de merde qui, comme les centaines de milliers d’autres labos de merde d’une pseudo « science » préhistorique post moderne qui pue des pieds, persiste à tester ses trouvailles (pour la plupart inutiles, voire dangereuses) sur les animaux …en répétant que les résultats de ses immondes tripatouillages ne sont pas transposables en l’état aux bipèdes à poil ras ! La brune d’opérette voyait pas le problème, on aurait dit. Elle arborait même le sourire vendeur réglementaire. J’ai zappé avant de vomir mon apéro au moment où apparaissait sur l’écran le visage anéanti par une douloureuse incompréhension d’un malheureux singe-cobaye, mille fois plus « humain » que mamie corbeau, sur le point de recevoir sa cacahuète d’honneur pour services rendus aux Progrès de la Médecine.

Pardon de m’immiscer aussi sournoisement mais dans Mars 2221, roman, entre autres combats, j’essaie de faire passer un message d’égalité entre les espèces, voire de supériorité écrasante de toutes les espèces sur la nôtre, au moins en termes de respect du vivant. À vous, madame la Croupière Générale de la Spirale W1745 et ses clusters satellites. ↓

– *Et vous, jeune fille, qui êtes-vous ? Et que faites-vous à traîner dans une mine interdite au public ?*

Anthéa déteste qu’on l’appelle « jeune fille ».

– Parce que c’est chez vous peut-être ? Pour commencer j’aime bien voir les gens à qui je parle.

– * En ce cas il vous suffit de vous retourner.*

–  Désolée je ne vois rien.

– *Regardez mieux. Par terre, au pied du rail.*

– Une… Une tortue !!! Lapin, il y a une tortue là ! Mate comme elle est cute !

– *Bon alors on va se mettre d’accord tout de suite ! Je suis tout sauf « cute »…*

– Et moi tout sauf une « jeune fille ». Mon nom c’est Anthéa.

– *Grand bien vous fasse. Oubliez le mien. Dans l’hypothèse – à vérifier – selon laquelle vous appartiendriez, vous et votre ami, à l’espèce dite « humaine », vos capacités mentales ne sont pas à même de le concevoir, ni votre système audio phonatoire de le prononcer. Quant à mon apparence physique, je me trouve en butte à une difficulté du même ordre. Mon choix de m’offrir à votre regard sous la forme d’une tortue relève d’une tentative – désespérée, j’en conviens – de contourner la navrante pauvreté de votre référentiel esprit / matière. Maintenant parlons de vous. D’où sortez-vous ?*

– D’après vous ? Vous venez de nous diagnostiquer « humains ». » Je clopin-clopine jusqu’au monorail et valide, au pied de celui-ci, la présence d’une tortue. Une tortue dite «d’Hermann ». De celles qui se baladaient dans les jardins de mon enfance. Elles avaient disparu au cours des siècles, victimes collatérales de l’urbanisation galopante. Une poignée de miraculées tentaient de survivre à la gazonnification obsessionnelle des résidents secondaires dans ce qui restait de cambrousse, entre trialistes pétaradants et fils-à-papa ramollos du bulbe sur leurs quads putrides.

– * Vous confirmez donc qu’il ne s’agit pas d’un dérapage de mon vecteur factoriel ? Sachez qu’une ou deux fois l’éon, il lui arrive de déplacer fortuitement une virgule par ci ou, plus gênant, de zapper une composante spatiostatique par là. Vous nous arrivez bel et bien de Terra ? « Terra- la-Honte » ?…*

[….]

On poireaute encore plus longtemps que tout à l’heure avant de revoir le minois reptilien.

– *Pardonnez ma lenteur à revenir vers vous, j’avais besoin de l’aval de ma hiérarchie pour répondre à Lapin. Mais asseyez-vous, cela risque d’être long.*

– Hem, en fait « lapin » c’est un surn…

– *Tout d’abord soyez persuadés que si n’entraient en jeu des intérêts essentiels à l’équilibre de l’Univers , le Conseil des Pierrots ne verrait aucun inconvénient à ce qu’une entreprise quelle qu’elle soit s’en aille perdre son temps et l’énergie de ses salariés à extraire un minerai omniprésent dans tous les sous-sols d’origine magmatique et – qui plus est – donnant un fer de piètre qualité puisque composé à 55% de soufre. Oui mais voilà…*

Anthéa et moi évitons de justesse une collision de têtes en voulant nous pencher pour mieux entendre. C’est nigaud puisque, vous l’aurez compris, la tortue s’adresse à nous par la pensée. (d’où les astérisques, j’ai pas trouvé mieux, bonne chance aux réalisateurs de l’audiobook !)

– * …Niché à une petite cinquantaine de kilomètres au cœur d’une planète que les Terreux ont baptisée du nom d’un de ces super héros qui surpeuplent leurs mythologies puériles… Mars, la planète « rouge de colère » !!! Quelle imagination, Grand Pierrot !…* Balancement accablé de la petite tronche serpentine. On dirait un de ces chiens pendulaires pour plage arrière de bagnole qui hochent la tête avec les mouvements de la route… « *… Se trouve un des ludomaines les plus prisés des Mille Galaxies.* » La tortue prend en compte nos bouches bées et nos yeux comme des œufs au plat. « * …Eh oui, il va falloir vous y faire : ‘Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie’. Hamlet ! Shakespeare ! Un peu cucul la praline mais tout de même moins affligeant que les ‘Onfray-de-la-princesse’, ‘Beigbeder-à-coudre’, ‘Où-est-le-bec’ et autres  ‘BHL-de-poulet’ dont les pâtés malodorants sonnèrent, sur Terra-la-Honte il y a deux siècles, le glas de l’écriture signifiante. L’aube poisseuse d’un âge de régression intellectuelle qui, aujourd’hui, conduit les quelques semblants d’écrivaillons terreux survivants à l’oblitération pure et simple leur alphabet ! *

– Quand je te dis que tu as tes chances, lapin ! Nan, je plaisante !

 

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